
Aujourd’hui, je rédige ma quatre-vingt-unième chronique. Je me suis dit qu’un petit bilan s’imposait. Lorsque j’ai commencé à écrire mes chroniques et que j’ai ouvert mon blogue, je ne pensais pas que j’étais pour continuer aussi longtemps. Je savais que j’aimais écrire, que c’était un peu ma thérapie de coucher sur papier mes émotions et péripéties mais au grand jamais je ne pensais persévérer jusqu’à maintenant.
Ma première chronique est datée du 11 août 2018; il y a donc 18 mois. Depuis cette date mon blogue a été vu 22,000 fois. Je compte actuellement 400 abonnés à mon blogue et à ma page Facebook. Mes lecteurs proviennent principalement du Québec et du Canada mais on en retrouve aussi en France, en Belgique, au Mexique, aux USA et même en Argentine.
Écrire me permet de prendre du recul face à la maladie. Ça me permet de libérer mes pensées, d’exprimer mon état intérieur et ma douleur. De ce fait, l’écriture me permet de pousser ma réflexion en dressant des bilans et à prendre en compte mon passé pour mieux anticiper mon avenir. Prendre le temps d’écrire me donne l’occasion de me déposer. L’écriture a pour moi des vertus thérapeutiques. Poser mes émotions sur un bout de papier me permet de me connecter à moi-même, d’entrer directement en relation avec mes ressentis. Si pour beaucoup d’entre nous, en parler est le meilleur moyen de se libérer d’un problème, pour moi, l’écrire est vital car il s’agit de mon seul et unique moyen de communication.
Écrire, c’est aussi un moyen de prendre soin de mon âme. En posant des mots, je crie la douleur de mes maux. Je n’ai pas trouvé d’autres moyens pour le faire. Avant la maladie, j’aurais pu chanter. Comme j’aimais chanter! J’avais l’impression que tout mon stress sortait quand je chantais. Maintenant j’écris ma colère, ma dépendance, mes peurs, mes incompréhensions, mes doutes, mes cris, mes joies, mes peines, j’écris pour exprimer mon élan de vie.
J’écris également pour rester humaine et pour éviter de m’isoler. J’écoute la petite voix en moi, elle me guide pour garder le cap et m’éviter de partir à la dérive et me noyer dans l’immensité de la maladie. Écrire, c’est un de mes moyens pour me reconnecter à ma vérité.
Je dois vous confier quelque chose. Malgré ma soif d’écrire, mon vocabulaire est loin d’être parfait. Dès le début de l’aventure du blogue, je me suis donc associée à quelqu’un de précieux. Il s’agit d’Angèle Doucet, une enseignante retraitée. Angèle est aussi la proche aimante de Pierre, lui aussi atteint de la SLA. Je tiens à la remercier de prendre le temps de corriger mes textes et surtout mes participes passés. J’ai beau essayer ça ne me rentre pas dans la tête! Sans elle, je ne me serais pas risqué à écrire publiquement.
Vous qui prenez le temps de me lire, sachez que nous partageons du temps ensemble. C’est un peu comme si nous partions à l’aventure; une aventure intérieure afin de mieux me connaître et à travers mes mots de découvrir la SLA et tout ce qu’elle englobe. J’espère que mes chroniques vous aident, vous encouragent, vous font cheminer mais surtout qu’elles vous font réaliser combien la vie est belle malgré ses tempêtes.
J’en profite pour vous annoncer que je prendrai une pause pour quelques mois. J’ai besoin de temps et d’idées pour renouveler ma banque d’anecdotes à vous raconter. Y a-t-il des sujets particuliers que vous souhaitez me voir aborder? Ne vous gênez surtout pas pour me les transmettre pendant ma pause. En principe, je pense recommencer au mois de mai. Je vous remercie tous et chacun.
Chantal Lanthier
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