Êtes-vous plus du type plage ou randonnée en forêt? Quand vous pensez relaxation, quelle image vous vient en tête? Je suis certaine que peu importe l’idée que vous avez eue, elle inclut un élément de la nature. Moi, ce sont les balades en forêt qui me font tripper. Ces instants magiques où, entourée par les arbres, j’écoute le vent qui déplace les feuilles. J’aime me laisser bercer par le chant des oiseaux. Je me laisse éblouir par toutes ces couleurs verdoyantes. Et que dire des odeurs? Je ferme les yeux et me laisse imprégner de la paix qui habite les lieux. Je me mets en mode « veille », comme l’écran de mon ordinateur. Je ne fais rien. Je contemple la vie. Je laisse la nature et son harmonie s’infiltrer en moi et je fais le plein de lumière. Je me concentre sur mes sensations. Je prends contact avec l’énergie qui circule autour de moi. Il s’agit d’une expérience de connexion profonde avec la nature. Ce n’est pas une activité sportive, mais d’une balade lente, consciente, à l’écoute de la forêt. Je me laisse guider par mes sens et je me retrouve. C’est une invitation à ralentir, à respirer, à me reconnecter à ce qui compte vraiment!
Être au crépuscule de sa vie offre une vision bien différente des choses. La beauté de la nature m’interpelle davantage. J’ai la conviction d’en faire partie intégrante. « Regardez bien la nature et vous comprendrez tout », disait Albert Einstein.
J’adhère au principe d’une nouvelle maxime : « Ne pas déranger, s’il vous plaît, je suis occupée à prendre mon temps. » Cela peut sembler paradoxal, mais moins j’ai de temps devant moi, plus j’ai envie de ralentir.
Ai-je besoin de vous rappeler les bienfaits de se retrouver en nature? Prévenir la déprime, augmentation de la productivité, baisse des troubles respiratoires bien sûr, mais aussi de la pression artérielle et du cortisol, (hormone du stress) ou encore amélioration de l’immunité. Il semblerait qu’après deux journées de promenade en forêt, les effets seraient visibles durant un mois. De quoi donner la piqûre d’aller jouer dehors!
Le psychologue cognitif David Strayer avance l’hypothèse que « le fait d’être dans la nature permet à notre cortex préfrontal, le centre de contrôle de notre cerveau, de ralentir et de se reposer, à la manière d’un muscle surmené ».
Au Japon, des chercheurs ont découvert que les gens qui s’adonnent au shinrin-yoku, ou « bain de forêt », inhalent des « bactéries bénéfiques, des huiles essentielles issues des plantes et des ions chargés négativement », qui interagissent avec les bactéries intestinales pour renforcer le système immunitaire du corps et améliorer la santé mentale et physique.
À chaque fois que je reviens de mes balades en forêt je me sens énergisée et stimulée. Faire le plein de vitamines V (Vert) est vraiment un essentiel pour m’aider à maintenir une bonne santé mentale. J’ai tellement hâte de retrouver cette belle verdure…
Chantal Lanthier
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Photos prises durant la semaine de vacances de Jocelyn
Prodiguer quotidiennement les soins et l’encadrement à un proche souffrant de la SLA représente une lourde tâche, qui requiert beaucoup d’énergie. Les écueils sont nombreux et la menace de l’épuisement, omniprésente. Un répit s’avère alors nécessaire pour recharger les piles. L’aidante choisie doit toutefois être en mesure de répondre pleinement aux besoins de la personne atteinte; autrement, cela troublera la tranquillité d’esprit du conjoint et empêchera tout véritable repos. Il doit également y avoir une affinité entre la personne atteinte et la nouvelle aidante sinon le risque de conflit pourrait survenir.
Depuis que je suis atteinte de la SLA, Jocelyn et moi avons surtout voyagé en Floride. Nous y allions en van adaptée. Au début de la maladie en 2013, nous avons découvert plusieurs endroits dont notamment la Californie où le fils de Jocelyn habite. Il nous avait alors présenté sa femme et sa nouvelle fille Bella qui venait à peine de naître. Jocelyn n’a pas pu voir évoluer son fils et sa petite famille car il devait s’occuper de moi. Personnellement, je ne pouvais plus prendre l’avion car il faut me soulever de mon fauteuil roulant pour m’installer dans le siège de l’avion et les compagnies aériennes ne possèdent pas de lève-personne. Jocelyn ne voulait pas me quitter pour des vacances sans avoir trouvé la personne qui pourrait le remplacer en toute confiance. Puis la vie a mis sur notre route, la précieuse Isabelle. Diplômée comme préposée aux bénéficiaires, elle a su rapidement maîtriser le lève-personne, effectuer les transferts à la toilette et me donner ma douche. Elle avait non seulement les connaissances mais elle possédait les qualités d’une bonne aidante. Attentive, intuitive, patiente, passionnée, douce, calme, fiable, elle apprend vite et sait capter rapidement les consignes. De plus, elle a pratiquement mon âge. Nous avons immédiatement « cliqué ». Engagée depuis un an, nous nous sommes dit qu’il était temps d’envisager des vacances pour Jocelyn.
Il était évident qu’Isabelle ne pouvait pas assumer toutes les heures. Nous avons alors demandé à notre deuxième aidante, Lyette, si elle pouvait venir durant les nuits. Tandis que Lyette ferait les nuits, Isabelle ferait de 9 à 21 heures. Isabelle pouvait donc me lever et me mettre au lit. La question de l’horaire étant réglée, il fallait aborder toutes les « aux cas où » ainsi que notre routine quotidienne. Comment brancher mon fauteuil roulant électrique, que faire s’il y a une panne d’électricité, gestion des déchets, plantes, comment m’installer le BiPap, soins en cas d’étouffement, urgence médicale, etc. Tout le mois de septembre a été consacré à la formation de nos aidantes.
J’étais très nerveuse mais je me sentais en confiance avec Lyette et Isabelle. La veille de son départ, Jocelyn et moi avons discuté. Je sentais qu’il y avait quelque chose. Mon amour s’est mis à pleurer en me disant qu’il avait le sentiment de m’abandonner et qu’il avait le cœur serré. Je lui ai dit que j’avais la même impression lorsque je voyageais pour le travail et que je devais m’absenter en laissant notre fille Maya lorsqu’elle était jeune. J’avais toujours le cœur gros au moment du départ mais je savais qu’elle serait bien avec son papa d’amour. Ce n’est pas évident de quitter quelqu’un d’aussi démuni et vulnérable. Je comprends mon amour. Je l’ai rassuré en lui disant que tout irait bien.
Jocelyn est donc parti du 27 septembre au 4 octobre 2025 pour rejoindre son fils en Californie. Il a eu une merveilleuse semaine. Il était accompagné de Marie sa fille la plus vieille. Marie n’avait pas revu son frère depuis 23 ans. L’émotion était à son comble lorsqu’ils sont arrivés chez Christian et Crystal (sa conjointe). Jocelyn n’avait pas vu son fils depuis 13 ans. Christian a présenté sa famille incluant Kai, son garçon âgé de 6 ans, que Jocelyn n’avait jamais vu ainsi que la maman de Crystal, grand-ma Grace. Jocelyn m’a confirmé qu’il s’était reposé et qu’il avait été très heureux d’avoir pu être avec ses deux premiers enfants.
Quant à moi, tout s’est bien déroulé avec mes aidantes mis à part un incident survenu le vendredi matin (Jocelyn revenait le samedi soir). Isabelle et moi avons constaté que ma gastrostomie coulait. Après avoir fait les vérifications d’usage, nous nous sommes aperçues qu’il y avait une fissure dans le tube. Premier réflexe : mettre du ruban adhésif (duck-tape) jusqu’à l’arrivée de Jocelyn qui pourra le changer. Chose que nous fîmes. Toutefois en mettant le ruban adhésif, j’ai senti une douleur et j’ai demandé à Isabelle de vérifier si le ballon à l’intérieur de mon estomac était toujours gonflé. Il ne l’était pas. Isabelle avait beau ajouter de l’eau, le ballon ne se gonflait toujours pas. Il fallait changer la gastrostomie au complet. Habituellement, Jocelyn le fait aux 4 mois. Je ne savais si Isabelle pourrait le faire. Je me voyais déjà aller l’hôpital et subir des heures d’attente. À chaque fois que mon amour le faisait durant la dernière année, il le montrait à Isabelle. Elle m’a alors dit qu’elle se sentait d’attaque pour la changer. Avec mes instructions baragouinées, m’annonçant à l’avance ce qu’elle allait entreprendre, nous avons réussi à changer la gastrostomie. Nous avons été très fières de nous. Cet événement a consolidé nos liens et je sais que je peux tout affronter à ses côtés.
Mes précieuses Isabelle et Lyette
Nous souhaitons remercier la Société SLA du Québec pour avoir contribué aux dépenses grâce à leurs programmes. Nous souhaitons également remercier nos aidantes pour leur dévouement envers nous. Sans eux tous cette semaine n’aurait pas été possible.
Si ça prend un village pour élever un enfant, je crois que ça prend une communauté de personnes avec un grand cœur pour aider les gens qui, comme moi, sont vulnérables.
Chantal Lanthier
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D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais aimé l’hiver. Plus jeune, je détestais pratiquer les sports hivernaux et je rechignais toujours à mettre mes salopettes, mes bottes et tout l’attirail qui incombe aux temps froids. Même lorsqu’il y avait congé d’école pour cause de tempête, je ne sortais pas dehors. Ne vous méprenez pas, j’adore admirer ses paysages magnifiques, j’adore quand il neige, j’aime la lumière qu’apporte l’hiver et la chute indolente des flocons inoffensifs qui forment un beau manteau blanc…. mais aussi loin que possible, bien campée à l’intérieur.
Cette année, nous avons décidé de ne pas aller en Floride. De multiples raisons ont justifié notre choix de ne pas nous y rendre. Pour n’en nommer que quelques-unes : les frasques du Président Trump, le taux de change entre le dollar canadien et américain. Le soleil va me manquer terriblement ainsi que la famille et les amis qu’on recevait là-bas. Je vais également m’ennuyer du sentiment de liberté qui m’habitait et de toutes les sorties qu’on y faisait.
Depuis que j’ai la SLA, j’aime encore moins l’hiver. Dès que l’automne s’installe, je ne peux m’empêcher de penser que le froid sera là pour les six prochains mois. Jocelyn a déjà rangé les choses sur le balcon du condo et je me sens prise au piège dans ma demeure. Ça prend une bonne dose de courage aux personnes atteintes de la SLA pour affronter les intempéries de dame nature. Au froid, je deviens un bloc d’acier. Mes muscles deviennent raides, en hyper-extension et je ne peux plus les déplier. Imaginez le scénario! Je ne peux plus manipuler mon fauteuil, on ne peut plus me dévêtir et mes jambes refusent carrément de se déplier pour me permettre d’entrer adéquatement dans la camionnette. De plus j’ai toujours froid. C’est ça quand on ne bouge pas assez. Mon amour, mon patenteux, m’a installé des semelles et un dossier chauffants branchés sur la batterie de mon fauteuil roulant. Par chance que je l’ai mon super héros!
Mettre manteau, tuque et bottes n’est pas tâche facile pour Jocelyn qui doit m’habiller. Je comprends maintenant les jeunes enfants qui marmonnent lorsqu’on les habille. Maudit que j’HAIS ça! « J’ai chaud, ça me serre ! « Je suis pire qu’un enfant ». Pas patiente la madame! Manœuvrer le fauteuil roulant dans la neige n’est pas évident. On compte de nombreux endroits non déneigés où, je ne peux, malheureusement, pas me rendre. Le fauteuil laisse des traces sur mon plancher astiqué et on peut me suivre partout dans la maison, tel le petit poucet. Vous comprendrez donc que je choisis méticuleusement mes sorties lorsqu’il fait froid. Le cocooning devient mon choix premier et ce n’est pas parce que je suis anti-sociale. Vous voulez me voir, venez à la maison! J’hiverne!
Juste de penser aux mois d’encabanement à venir, je suis découragée et moi, ça m’en prend pour me décourager. Entretemps, je m’installe à la fenêtre bercée par le soleil chaud et il ne me reste plus qu’à attendre vivement l’arrivée du printemps.
Chantal Lanthier
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Je n’avais que quarante-six ans quand on m’a diagnostiqué la SLA. Ma fille avait à peine 18 ans. La nouvelle est tombée le 22 janvier 2013, il y a maintenant 13 ans. Ce fut un moment difficile à passer. Je n’arrêtais pas de penser : « Merde, je vais vraiment mourir. » Contre toutes attentes, JE SUIS ENCORE EN VIE….. Bon, je l’admets, je n’ai plus autant de capacités physiques qu’avant mais j’ai encore toute ma tête …..lol.
Jusqu’à ce jour fatidique, ma vie n’avait semblé qu’un rêve. Nous avions déménagé à Lorraine et je jure que nous étions les personnes les plus chanceuses du monde. Nous faisions : la moto, les balades en auto, on recevait, on travaillait ou étudiait et notre vie était rythmée sans réels soucis. Nous étions une famille heureuse.
Puis notre monde s’est écroulé. Aux premiers jours de la maladie, l’espoir a jailli en nous. L’espoir d’un remède. L’espoir de quelque chose pour ralentir ce monstre. L’espoir que je ne meure pas d’une mort lente et cruelle. Au fond de nous, nous nous accrochions à la croyance qu’un remède nous attendait, à portée de main.
Pendant un temps, je me suis convaincue que j’obtiendrais ce remède et que je retrouverais aussitôt mon ancienne vie. Mais ce fantasme ne s’est jamais réalisé. Personne n’a jamais été guéri de la SLA. Jamais. Au mieux, les traitements vous permettent de gagner quelques mois. Et les cellules souches ? Juste de faux espoirs enrobés d’un argumentaire de vente clinquant pour les désespérés. J’étais l’une de ces désespérés – désespérée de voir ma fille grandir, désespérée de vieillir avec mon amour, désespérée de conserver ma petite vie « parfaite ».
Même maintenant, une petite partie de moi croit que si, par miracle, mon corps revenait, je reprendrais exactement là où je m’étais arrêtée. Je retrouverais ma moto, mon auto que j’avais expressément choisie, mon corps d’avant, ma santé. Mais treize ans nous ont été volés. Ma fille a maintenant trente et un ans, c’est une jeune femme remarquable, façonnée, en partie, par cette épreuve.
Ces treize dernières années, j’ai essayé de retrouver un peu de mon ancienne vie. J’ai réussi à regagner ma voix grâce à ElevenLabs. Je n’ai pas tout perdu… Ma vie a beaucoup changé depuis cette tragique date. Elle est plus sereine, plus calme. Je suis heureuse malgré tout car j’ai appris que l’essentiel réside en peu de choses et qu’il suffit d’être bien entouré.
Aujourd’hui, je suis assise, bien calée dans mon fauteuil roulant à réfléchir à cette vie et à la suivante (oui, j’y crois). Je me demande combien de temps je vais encore pouvoir supporter ma condition alors que mes bras et mes mains faiblissent et que bientôt je devrai conduire mon fauteuil roulant électrique avec ma tête et vous écrire avec mes yeux. Je rêve de pouvoir manger seule et m’empiffrer de nourriture – comme les cheeseburgers, les steaks et les sushis, miam ! Tout ce que je peux croquer avec avidité…lol. C’est peut-être ça le paradis : retrouver ses jours les plus heureux, pour toujours, avec des chips, du fromage et du vin à volonté, et le vent qui agite mes longs cheveux roux!
Et pourtant, je rêve encore de me réveiller et de découvrir que la terre s’est vraiment arrêtée la veille du 22 janvier 2013 – et qu’une nouvelle chance m’est offerte. Une nouvelle chance d’être une meilleure mère, une meilleure épouse, une meilleure amie, un meilleur être humain.
En attendant, je reste dans l’instant présent en essayant d’aimer aussi intensément que possible avec le temps qu’il me reste. Je me dis qu’être bien entourée, amène réconfort et chaleur lorsque la tempête sévit. Je crois fermement que sans « mes précieux » jamais, je n’aurais pu dépasser l’espérance de vie que l’on m’avait prédit. La preuve est faite que les statistiques existent pour être déjouées.
La vita e bella!
Chantal Lanthier
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En ce début d’année 2026 et de prise de résolutions et de bilans, je partage avec vous un texte qui m’a beaucoup touché car il est criant de vérité. Bonne lecture!
Sagesse de vie par Holly Butcher
Holly Butcher n’avait que 27 ans lorsqu’elle a perdu son combat contre le sarcome d’Ewing – une forme rare de cancer des os qui touche principalement les jeunes. Elle a écrit une lettre émouvante sur la joie de vivre peu avant sa mort tragique, invitant les autres à vivre pleinement.
8 janvier 2018
C’est étrange de réaliser et d’accepter sa mortalité à 27 ans. C’est juste une de ces choses qu’on préfère ignorer. Les jours passent et on s’attend à ce qu’ils continuent d’arriver, jusqu’à ce que l’inattendu se produise. Je me suis toujours imaginée vieillir, ridée et avec les cheveux gris. Je comptais fonder une belle famille (avec beaucoup d’enfants) avec l’amour de ma vie. Je le désirais tellement.
C’est ça, la vie ; elle est fragile, précieuse et imprévisible, et chaque jour est un cadeau, pas un droit acquis. Maintenant, j’ai 27 ans. Je ne veux pas mourir. J’aime ma vie. Je suis heureuse mais je n’ai plus le contrôle.
Je n’ai pas commencé « ce mot avant de mourir » pour que la mort soit redoutée ou pour faire peur. J’aime le fait que nous ignorions généralement quand cela surviendra. Quand je veux en parler, on traite la mort comme un sujet tabou qui n’arrive jamais à personne. Je trouve cela difficile. Je souhaite simplement que les gens arrêtent de s’inquiéter des petits stress insignifiants de la vie et qu’ils essaient de se rappeler qu’après tout nous allons tous mourir alors faites ce que vous pouvez pour que votre temps soit précieux et agréable, sans les conneries. J’ai partagé beaucoup de mes pensées ci-dessous, car ces derniers mois, j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à la vie. Bien sûr, c’est au milieu de la nuit que ces choses inattendues me viennent à l’esprit!
Lorsque vous vous plaignez de choses ridicules (ce que j’ai remarqué beaucoup ces derniers mois), pensez simplement à quelqu’un qui est confronté à un réel problème. Soyez reconnaissant de votre petit problème et surmontez-le. C’est normal de reconnaître que quelque chose est agaçant, mais essayez de ne pas ruminer et de ne pas nuire à la journée des autres. Une fois que vous l’aurez fait, sortez et respirez profondément l’air frais, regardez le ciel bleu et le vert des arbres ; c’est tellement beau. Pensez à la chance que vous avez de pouvoir faire ça : respirer.
Vous avez peut-être été coincés dans les embouteillages aujourd’hui, ou vous avez mal dormi parce que vos beaux bébés vous ont empêchée de dormir, ou que votre coiffeuse vous a coupé les cheveux trop courts. Vos nouveaux faux ongles sont peut-être ébréchés, vos seins sont trop petits, ou vous avez de la cellulite sur les fesses et votre ventre a épaissi. Laissez tomber tout ça. Je vous jure que vous n’y penserez plus quand viendra votre dernière heure. Tout cela est tellement insignifiant quand on regarde la vie dans son ensemble. Je regarde mon corps dépérir sous mes yeux, sans que je ne puisse rien y faire, et tout ce que je souhaite pour l’instant, c’est pouvoir passer un autre anniversaire ou Noël avec ma famille, ou une journée de plus avec mon conjoint et mon chien. Juste une de plus.
J’entends des gens se plaindre de la difficulté au travail ou à faire de l’exercice. Soyez reconnaissant(e) d’en être physiquement capable. Travailler et faire de l’exercice peuvent sembler insignifiants… jusqu’à ce que votre corps ne vous permette plus de le faire.
J’ai essayé de vivre sainement, et c’était probablement ma plus grande passion. Appréciez votre bonne santé et le bon fonctionnement de votre corps, même s’il n’a pas la taille idéale. Prenez-en soin et appréciez son incroyable beauté. Bougez et nourrissez-le avec des aliments frais. N’oubliez pas qu’une bonne santé ne se limite pas au corps physique… travaillez tout autant à trouver votre bonheur mental, émotionnel et spirituel. Ainsi, vous réaliserez peut-être à quel point avoir ce corps parfait, si stupidement représenté sur les réseaux sociaux, est insignifiant et sans importance… À ce propos, supprimez tous les comptes qui apparaissent sur votre fil d’actualité et qui vous donne un sentiment de honte. Ami(e) ou non… Soyez impitoyable pour votre propre bien-être. Soyez reconnaissant pour chaque jour où vous n’avez pas mal, et même les jours où vous êtes malade à cause d’une grippe, d’un mal de dos ou d’une entorse à la cheville, acceptez que ce soit temporaire. Soyez reconnaissant que cela ne mette pas votre vie en danger et que cela guérira.
Râlez moins, les amis ! … et aidez-vous davantage les uns les autres. Donnez, donnez, donnez. Il est vrai qu’on est plus heureux en faisant des choses pour les autres qu’en les faisant pour soi-même. J’aimerais faire cela plus souvent. Depuis que je suis malade, j’ai rencontré des personnes incroyablement généreuses et bienveillantes, et j’ai reçu des mots et un soutien des plus attentionnés et affectueux de la part de ma famille, de mes amis et d’inconnus ; davantage que je ne pourrais jamais donner en retour. Je n’oublierai jamais cela et je serai éternellement reconnaissante à toutes ces personnes.
C’est étrange d’avoir de l’argent à dépenser à la fin… quand on est en train de mourir. Ce n’est pas le moment d’acheter des choses matérielles comme on le ferait habituellement, comme une nouvelle robe. En fait, cela nous fait réfléchir à la bêtise de dépenser autant d’argent pour de nouveaux vêtements et autres « choses » dans la vie. Offrez à votre ami quelque chose de gentil plutôt qu’une autre robe, un produit de beauté ou des bijoux pour le prochain mariage. N’oubliez pas que personne ne se soucie que vous portiez la même chose deux fois. Invitez-les au restaurant, ou mieux encore, préparez-leur un repas. Préparez-leur un café. Offrez-leur une plante, un massage ou une bougie et dites-leur que vous les aimez en les leur offrant.
Appréciez le temps des autres. Ne les faites pas attendre parce que vous êtes nuls en ponctualité. Préparez-vous plus tôt si vous êtes de ceux-là et appréciez que vos amis veuillent partager leur temps avec vous. Vous gagnerez aussi en respect !
Cette année, notre famille a décidé de ne pas offrir de cadeaux et, même si le sapin avait l’air plutôt triste et vide, c’était tellement agréable car les gens n’avaient pas la pression des achats. Ils ont fait l’effort d’écrire une jolie carte les uns pour les autres. Imaginez ma famille essayant de m’acheter un cadeau en sachant pertinemment qu’ils finiraient probablement par l’avoir eux-mêmes… étrange ! Ça peut paraître ringard, mais ces cartes ont plus de valeur pour moi que n’importe quel achat. Remarquez, c’était aussi plus facile à faire chez nous, car nous n’avions pas de jeunes enfants. Bref, la morale de l’histoire : les cadeaux ne sont pas nécessaires pour un Noël riche en émotions.
Utilisez votre argent pour des expériences… Ou du moins, ne ratez pas d’expériences parce que vous avez dépensé tout votre argent en bêtises matérielles. Faites l’effort de réaliser cette journée à la plage que vous remettez sans cesse à plus tard. Trempez vos pieds dans l’eau et enfoncez vos orteils dans le sable. Mouillez-vous le visage à l’eau salée. Plongez-vous dans la nature.
Essayez simplement de profiter de l’instant présent et de le vivre pleinement plutôt que de le capturer à travers l’écran de votre téléphone. La vie n’est pas faite pour être vécue à travers un écran, ni pour prendre la photo parfaite…Savourez l’instant présent, bon sang ! Arrêtez d’essayer de le capturer pour tout le monde.
Question rhétorique : Ces heures passées à vous coiffer et à vous maquiller chaque jour ou à sortir un soir en valent-elles vraiment la peine ? Je n’ai jamais compris ça chez les femmes. Levez-vous tôt et écoutez les oiseaux tout en admirant les magnifiques couleurs du soleil qui se lève. Écoutez de la musique… écoutez vraiment. La musique est une thérapie. Câlinez votre chien. Ça va tellement me manquer. Parlez à vos amis. Posez votre téléphone. Vont–ils bien ? Voyagez si c’est votre envie, abstenez-vous si ce n’est pas le cas. Travaillez pour vivre, ne vivez pas pour travailler. Sérieusement, faites ce qui vous fait plaisir. Mangez du gâteau. Zéro culpabilité. Dites non aux choses que vous n’avez vraiment pas envie de faire. Ne vous sentez pas obligée de faire ce que d’autres pourraient penser… Vous pourriez vouloir une vie hors standards, et c’est très bien. Dites à vos proches que vous les aimez dès que vous en avez l’occasion et aimez-les de tout votre cœur.
N’oubliez pas que si quelqu’un vous rend malheureux(se), vous avez le pouvoir de changer les choses, que ce soit au travail, en amour ou quoi que ce soit. Ayez le courage de changer. Vous ne savez pas combien de temps vous avez sur terre, alors ne le gâchez pas à vous lamenter. Je sais qu’on le dit tout le temps, mais c’est vrai.
Oh, et une dernière chose : si vous le pouvez, faites une bonne action pour l’humanité (et pour moi-même) et commencez à donner régulièrement votre sang. Cela vous fera du bien, et en plus, cela sauvera des vies. J’ai l’impression que c’est quelque chose qu’on néglige souvent, alors que chaque don peut sauver trois vies ! C’est un impact considérable que chacun peut avoir, et le processus est vraiment très simple. Le don de sang m’a permis de rester en vie une année supplémentaire – une année que je serai éternellement reconnaissante d’avoir pu passer ici sur Terre avec ma famille, mes amis et mon chien. Une année où j’ai vécu certains des meilleurs moments de ma vie.
… À bientôt.
Bises,
Holly
Ce texte me rejoint beaucoup et c’est pourquoi je tenais à vous le présenter. Bonne année 2026 à tous. Je vous souhaite surtout de la santé parce que sans elle rien n’est possible…
Chantal Lanthier
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