Et si nous devenions de meilleurs humains

La  pandémie vous a-t-elle fait réfléchir à votre sens civique? Aux efforts qu’il faut parfois fournir pour les plus vulnérables de notre société. « On juge la grandeur d’une nation à la façon dont les faibles sont traités » disait Gandhi. Chacun de nos gestes a un impact direct quand nous vivons en société. J’ai tellement lu de méchancetés sur les  réseaux sociaux ces derniers temps que je me demande franchement où s’en va notre société. Pouvons-nous être simplement gentils et tolérants les uns envers les autres? Est-ce trop difficile d’exprimer son opinion respectueusement? 

Je ne veux pas faire de cette chronique une leçon ni être moralisatrice mais je veux simplement exhorter ceux qui déversent leur hargne à réaliser que s’ils avaient leur interlocuteur en face d’eux, ils n’utiliseraient assurément pas le même langage. C’est facile de se cacher derrière un clavier. Soyons bons et indulgents, misère c’est pas difficile!

Ma condition, vous le savez, m’amène à voir le bon dans chaque individu que je croise. J’ai souvent la larme facile devant la détresse. La maladie m’a rendue plus sensible au sort des humains qui en arrachent. C’est probablement le fait de bénéficier de la bonté de mon entourage qui me rend si perméable aux émotions de gratitude d’autrui.    

Et si nous prenions des résolutions en 2021 pour devenir de meilleurs humains? Et si on propageait la bonté par de petits gestes? Je ne suis pas parfaite (presque….lol) mais je fais en fonction de mes capacités et en posant ces petits gestes, je répands le bonheur et la lumière autour de moi. De petites actions comme : contribuer financièrement ou bénévolement à une cause, donner du sang régulièrement car chaque don sauve 3 vies, donner vos vieilleries car elles peuvent faire le bonheur de gens dans le besoin, développer l’entraide avec vos voisins, vos amis et votre entourage, donner aux banques alimentaires, s’associer avec l’école du quartier et demander à être  jumeler avec un enfant défavorisé pour lui assurer l’appui financier pour ses fournitures scolaires, donner aux itinérants sans jugement, etc. Il y a tant de façon d’aider.   

La bonté du cœur rend riche. Le partage rend heureux. Le cœur ainsi rempli déverse la satisfaction de soi et le sentiment de solidarité. Vivre en communauté signifie que, les individus qui la composent, coopèrent. La règle du « chacun pour soi » est égoïste. Envisager que certaines personnes ne pensent uniquement qu’à leur nombril me fait pitié. Comment peut-on contrer les actions des médecins, des infirmières, des préposés qui portent le réseau de la santé à bout de bras, des commerces locaux qui peinent à survivre?  Comment peut-on faire fi des consignes gouvernementales? Chacun est responsable de ses actes en ces temps de pandémie. Les justifications, exceptions et considérations personnelles constituent un risque pour la vie des autres. Il en va du bien-être collectif. La survie, surtout en ce moment, passe par l’entraide et la coopération. Heureusement, le malheur fait souvent naître les actes de solidarité. On souffre tous ensemble dans cette épreuve qui menace notre vie. Je demeure convaincue que la force de l’humanité réside dans la capacité de s’aider les uns les autres.

Chantal Lanthier

Un rêve fou pour étouffer la peine

Berthe Nadon était la maman de Georges-Étienne Nadon Tessier.  Elle est décédée le 22 avril dernier, en pleine pandémie. Sa mère a éprouvé ses premiers symptômes en décembre 2014. Quatorze mois plus tard, le diagnostic tombait :  SLA. Malgré ses 71 ans, Berthe s’est battue contre la maladie. Il s’est écoulé 4 ans et 2 mois entre le diagnostic et son décès. Elle a choisit l’aide médicale à mourir. Son fils dira sur Facebook : « Elle a pris son envol à l’image de sa vie, débordante d’amour, d’humour, de sagesse et de compassion… Merci maman de nous laisser un exemple de courage hors du commun! Nous avons été en mesure de se regrouper une dizaine de proches pour lui dire nos adieux. Elle était sereine et gardera une image de nous tous un peu bizarre avec nos jaquettes jaunes et nos masques! ».

J’ai rencontré Georges-Étienne après le décès de sa maman; via Facebook. On a décidé de se voir en vrai. Il est donc descendu de Val-des-Monts en Outaouais pour venir me rencontrer. Lors de notre rencontre, Georges-Étienne me raconte vouloir traverser le Canada en paramoteur. Son but :  amasser des sous pour la recherche.  

« L’idée m’est venue après avoir passé deux nuits auprès de ma mère et avoir été frappé par les effets que la maladie ont sur elle, sur notre famille et l’entourage. Je me suis dit que je devais faire plus pour aider à trouver un remède. Cette levée de fonds jumelée à ma passion est une façon pour moi de vivre mon deuil et de me sentir utile ».

Un rêve fou pour étouffer la peine mais aussi pour faire la paix avec ce destin qui a fatalement atteint sa maman. Parcourir en paramoteur le continent nord-américain d’Est en Ouest, de Natashquan, au Québec, à Anchorage, en Alaska, pour voler au sommet de la cîme des arbres, pour décloisonner ses milliers de corps qui combattent la SLA, pour simplement sentir le  vent, pour vivre pleinement la liberté sans entraves, pour partager l’expérience  mais aussi pour sensibiliser et pour aller à la rencontre de personnes atteintes et leur porter espoir. Considérant qu’il traversera tout le continent, il aurait été inapproprié de favoriser une société SLA plutôt qu’une autre (parce qu’il y en a pratiquement dans chaque province du Canada), tous les fonds amassés seront au profit du Dr. Jean-Pierre Julien, chercheur au centre de recherche CERVO de l’Université Laval située à Québec. Le Dr. Julien est une sommité mondiale en matière de recherches sur la SLA.  

Georges-Étienne a débuté le paramoteur en 2000. Cameraman professionnel de métier,  il a ainsi la possibilité de capturer des images aériennes hors du commun, des scènes à couper le souffle et des paysages grandioses et inaccessibles autrement. Il adore l’adrénaline que voler lui engendre.

Il partira seul le 1er juin 2021 en direction de Natashquan. Il sera sur la route pendant environ 2 mois. Pour ce faire, il a acheté un vieux véhicule récréatif qu’il retape avec l’aide de son garagiste. Il fera 16,000 kilomètres pour traverser le continent d’Est en Ouest. Pendant le parcours, Georges-Étienne souhaite survoler les plus beaux endroits à l’aide d’un paramoteur et d’un drone. Passionné par la nature, il profitera de l’aventure pour s’en imprégner et faire le plein de verdure. Il en profitera aussi pour rencontrer des gens atteints par la SLA et amasser des sous. Être seul lui permettra de se concentrer sur l’écriture d’un livre et sur un documentaire qui naîtra de cette aventure. Il compte filmer  les personnes qu’il rencontrera tout au long de son parcours.

Georges-Etienne a également reçu l’autorisation d’utiliser la musique de Guilhem Gallart dans son documentaire. Cet homme, vivant dans le sud de la France, est paralysé par la SLA. Il a composé un album de musique à l’aide de ses yeux et d’un logiciel informatique. Georges-Etienne aimerait aller rencontrer en personne Monsieur Gallart et immortaliser leur rencontre afin de l’inclure dans le documentaire.

L’argent des dons est exclusivement pour le centre de recherche CERVO. Son temps, véhicule récréatif, nourriture, essence du paramoteur, caméras et tout ce qu’il n’aura pas réussi à se faire commanditer, seront à ses frais.

Durant notre entretien, Georges-Étienne a partagé un rituel avec moi et m’a demandé si je voulais y participer. Avant que sa maman décède, il souhaitait ardemment qu’elle entreprenne cette aventure avec lui. Du moins, une partie d’elle. Pensant d’abord à répandre ses cendres en volant, il a plutôt opté pour une de ses mèches de cheveux. En cet après-midi d’octobre 2020, j’ai accepté avec plaisir de jumeler ma mèche à celle de sa maman et à celle de Sylvie (personne également atteinte). Il les garde précieusement dans un sac de velour noir. Depuis notre rencontre, je sais que d’autres se sont ajoutées dont celle de mon amie Marie, elle aussi atteinte de la SLA. Ce rituel me plaît. Il démontre que Georges-Étienne est un homme de cœur. C’est un peu comme si j’étais à ses côtés pendant son voyage. Une façon de voyager avec lui, de répandre un peu de moi  dans la nature.

En terminant, je veux vous dire que Georges-Étienne est à la recherche de commanditaires pour ses publicités, son essence, son équipement, etc….. Si vous pensez pouvoir l’aider, vous pouvez communiquer avec lui au 819-664-3694.

Je vous invite à vous abonner à sa page Facebook: D’une rive à l’autre pour la SLA pour suivre son aventure. Il alimente régulièrement cette page et projette y décrire son périple.

Je vous demande une dernière chose, vous pouvez faire la différence en participant à ce grande odyssée en donnant sur sa page :

https://www.gofundme.com/f/recherche-pour-un-remede-contre-la-sla

Que le voyage commence! J’ai vraiment hâte de partir à l’aventure avec lui (du moins, ma mèche) car je sais qu’il portera toutes les personnes atteintes et particulièrement sa maman, dans son cœur.

Chantal Lanthier

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Le long périple du déménagement (partie 2)

Nous visitons le condo en décembre 2019. Le propriétaire ( Monsieur Cholette) ne veut pas perdre ses locataires tant que la transaction d’achat n’est pas réalisée. Nous partons pour la Floride en janvier alors la visite s’impose. Il fait un froid glacial et il neige abondamment. Je m’en souviens bien car je me sens mal de salir le plancher avec ma chaise roulante pendant la visite. Nous constatons que les locataires ont de nombreuses boites dans le condo. Ils nous révèlent alors qu’ils ont acheté une maison et déménagent en février. Ils allaient prévenir Monsieur Cholette de leur intention de ne pas renouveler leur bail. Nous voyons cela comme un indice supplémentaire que ce condo nous était destiné. La visite fut brève, les locataires ayant un rendez-vous. Nous prenons de nombreuses photos. Tout est à notre goût. Jocelyn voit, pour la première fois, concrètement les travaux qu’il faudra faire. Il prend les mesures des fenêtres et de l’emplacement de la douche.

Pendant ce temps, nous recevons de nombreuses visites pour la maison. Jocelyn est tanné de faire le ménage et de tout ranger pour les visites. On se départit de nos vieilleries. On vend, on jette, on donne, pour déménager léger. Début janvier, nous recevons une offre d’achat pour la maison mais celle-ci est retirée suite à une inspection en bâtiment négative. Nous sommes déçus car les correctifs sont mineurs. Nous nous empressons d’apporter les corrections. Par chance, deux semaines avant notre départ pour la Floride, nous recevons une nouvelle offre et celle-ci est la bonne.

Nous partons en Floride sachant que la maison est vendue et que le retour sera brutal en préparation et organisation. Les futurs acheteurs veulent prendre possession de la maison pour le 19 juin 2020 au plus tard. Pendant les vacances, je dresse des listes de ce que Jocelyn aura à faire en revenant. Notre courtière immobilière gère le dossier et veille à nos intérêts en notre absence. Elle fait le relais entre Monsieur Cholette, le syndicat et nous. Nous espérons que le syndicat autorise enfin les travaux afin que vers le 10 avril, à notre retour, nous puissions passer chez le notaire pour l’achat du condo.

Durant notre absence, Renée nous avise que le devis de l’entrepreneur n’est pas accepté par le syndicat. Gestion Cholette devra le refaire à quatre reprises avant que le syndicat l’autorise enfin. De plus, le syndicat exige la présence d’un surveillant de chantier à nos frais. Considérant que nous avons déjà à assumer plusieurs dépenses en raison des rénovations, de la production des plans et devis et du déménagement, nous tentons de convaincre le syndicat que Jocelyn peut très bien exécuter la surveillance des travaux mais toutes nos tentatives sont vaines.

À notre retour de la Floride, la pandémie bat son plein au Québec. Nous réservons le camion de déménagement pour le 18 juin sans vraiment savoir où nous irons. Le 17 avril, nous recevons enfin la lettre du syndicat à l’effet que les travaux peuvent être effectués mais nous attendons le rendez-vous chez le notaire pour l’achat. Monsieur Cholette ne veut effectuer aucun des travaux tant que nous ne sommes pas propriétaires. Je commence à stresser car nous sommes rendus à la fin avril. Finalement le rendez-vous a lieu le 22 mai.

Pendant ce temps, le syndicat nous refuse l’accès à l’immeuble à cause de la pandémie. Il allègue que les travaux ne sont pas urgents au sens où le gouvernement l’entend. Ce dernier a effectivement émis des directives claires en matière de reprise de la construction et le syndicat estime qu’on ne répond pas aux critères imposés. Le 3 mai, j’adresse une lettre au syndicat leur stipulant que je souhaite clarifier la situation quant aux travaux. Je leur explique que ces travaux sont essentiels à ma qualité de vie et ne sont pas un caprice ou encore simplement destinés à la décoration. Je comprends que le syndicat a l’obligation d’une saine gestion de la copropriété en cette période de pandémie mais cette gestion ne doit pas se faire au détriment d’un copropriétaire qui de surcroît est handicapé. Je termine en mentionnant que nous ne souhaitons pas en arriver là mais advenant une fin de non recevoir à cette lettre, nous entreprendrons des mesures légales. Le temps presse! Finalement, les travaux ont débuté le 28 mai et se sont terminés à midi la journée du déménagement. Plus serré que ça, tu meures!!

Il a donc fallu 9 mois de tractations pour acquérir ce condo et nous y installer. Neuf mois de stress intense. Vous savez, il n’est déjà pas facile de quitter notre maison. Le déménagement a pesé lourd sur mon amour parce que je ne lui étais d’aucune aide. Nous avons toutefois formé une belle équipe. Lui à s’occuper de tout physiquement et moi à utiliser la seule option qui me reste (ma tête) pour la planification, les achats et toute la paperasserie.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette entente initiale entre Jocelyn et Monsieur Cholette allait mener à une vraie saga qui allait durer neuf mois! Que d’imprévus et d’impondérables sont venus se greffer à l’aventure. Bref, ça ne fut pas facile!

Merci Renée. Comme nous l’avons accablée avec notre découragement, notre impatience et nos incompréhensions devant la minutie et la rigueur du syndicat de la copropriété! Son écoute, sa patience et son professionnalisme nous ont tellement rassurés. Sans elle, on aurait sûrement abandonné.

Un merci particulier à Michel Cholette qui aurait pu, en tant que vendeur, vendre à n’importe qui en évitant tous ces tracas. Nous sommes infiniment reconnaissants pour votre patience et votre engagement à régler ce dossier.

Merci également à tous nos amis et famille venus faire des boîtes et les défaire, prêter le « trailer» et laver le condo. Vous êtes tellement précieux et chers à notre cœur.

Merci à tous pour votre contribution à faire de notre rêve une réalité. Nous sommes tellement bien installés dans notre nouveau condo. Aucun regret!

Chantal Lanthier

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Le long périple du déménagement (partie 1)

L’histoire commence en septembre 2019. Ce jour-là, Jocelyn et moi avons visité un condo à Sainte-Thérèse. Nous avions pris la décision de vendre la maison de Lorraine pour acheter quelque chose de plus petit et nécessitant moins d’entretien. Notre fille avait quitté la maison depuis quelques années et nous n’utilisions plus le premier étage ni le sous-sol. À chaque année, je voyais Jocelyn s’acharner sur le terrain et je me sentais coupable de ne pas pouvoir l’aider. Bref, il était temps de vendre.

J’avais découvert ce condo sur Centris. Nous avons été charmés par la bâtisse. Elle comportait tous les avantages pour une personne en fauteuil roulant. Le condo visité n’était toutefois pas doté d’un stationnement intérieur; ce qui était impératif pour nous. Nous nous sommes alors informés à l’agent immobilier si quelqu’un dans l’immeuble voudrait vendre son stationnement intérieur. Comme il y avait quelques condos à louer, l’agent nous a fourni les coordonnées du propriétaire des condos locatifs. Après plusieurs échanges courriels, le propriétaire nous confirme qu’il serait prêt à vendre deux de ses condos. Chacun d’entre eux comprenait des stationnements intérieurs. Jocelyn se déplace alors à Laval pour aller rencontrer Monsieur Cholette. Durant la rencontre, il apprend que Monsieur Cholette est l’entrepreneur qui a construit la bâtisse que nous convoitons ainsi que plusieurs autres dans le quartier. Jocelyn lui explique la maladie qui m’afflige et la nécessité d’entreprendre des travaux d’adaptation dont notamment une douche sans seuil. Monsieur Cholette, sensible à ma condition, offre à Jocelyn d’exécuter certains travaux dans le prix de la vente. Il s’agit d’un homme de cœur. Jocelyn l’a ressenti dès leur première rencontre.

Arrivé à la maison, Jocelyn s’empresse de partager avec moi ses impressions et les informations. Nous avons les plans du condo et nous planifions sur papier, les rénovations à faire. Nous sommes excités comme des puces devant ce grand projet. Nous voulons abattre un mur et projetons de faire une douche sans seuil. Le condo est un 5 1⁄2 de 1694 pieds carrés. Il comporte de nombreuses portes françaises doubles, idéales pour un fauteuil roulant. Je constate que j’aurai davantage de place pour circuler qu’à la maison. Son accès avant comporte une rampe pour handicapés. Son emplacement est idéal car il n’est pas question pour moi de changer de CLSC. Les intervenants connaissent mon dossier ainsi que mon médecin à domicile et il m’est impératif de les conserver.

En octobre, nous décidons de mettre la maison en vente. Je fais appel à Renée Larivière, agente immobilière agréée chez Remax. Renée chantait avec moi dans la chorale Vocal 80 de Joliette. Renée nous donne rendez-vous la semaine suivante. Elle organise et planifie pour nous une séance photos et engage une décoratrice pour faire «un staging» afin de mettre la maison en valeur. Elle nous conseille de faire le ménage de nos vieilleries et de nous débarrasser de tout ce dont on ne veut pas amener au condo. Elle nous informe et prend tout en charge à notre plus grand soulagement.

Nous poursuivons nos discussions avec Monsieur Cholette. Selon lui, il n’y a aucun problème à effectuer les travaux que nous voulons. Comme il a lui-même construit la bâtisse, il nous confirme que le mur à abattre n’est pas un mur de soutien. Entre-temps, Renée nous explique que la déclaration de copropriété régit toutes les informations ainsi que les travaux qui peuvent être effectués. Novices en terme de copropriété, nous décidons de faire appel à ses services, également, pour l’achat du condo. Nous apprenons les termes parties privatives et parties communes ainsi que tous les réglements qui régissent la copropriété dans laquelle nous souhaitons vivre.

De toutes nos années de vie commune, Jocelyn et moi avons toujours possédé des maisons et pour nous cet achat de condo constitue une première expérience. Nous réalisons rapidement que le «monde» de la copropriété est complexe et possède ses propres lois. Nous ne voulions surtout pas acheter sans la garantie écrite que le syndicat accepterait les travaux.

Nous adressons donc une longue lettre au syndicat de la copropriété lui indiquant ma condition et les travaux que nous souhaitons effectuer. Ce dernier nous faire part que les travaux ne peuvent être réalisés car il faut préalablement soumettre des nouveaux plans à des architectes. Nous avons beau leur dire que les architectes, ayant initialement conçus les plans du bâtiment, ont produit une lettre attestant que les travaux ne touchent en rien l’intégrité de la bâtisse; rien n’y fait. En plus, Monsieur Cholette leur confirme la même chose (rappelez-vous qu’il a construit la bâtisse), ils n’en démordent pas, il faut de nouveaux plans.

Nous nous sommes donc tournés vers la firme d’architectes Coursol&Miron pour qu’elle produise les plans pour les modifications exigées. Nous soumettons exclusivement des plans architecturaux car nous n’avons ni travaux de plomberie ni travaux d’électricité. Nous leur confirmons également que nous avons retenu les services de Gestion Cholette pour exécuter les travaux. Cette firme a construit le bâtiment et est dûment licenciée, expérimentée et connaissante des infrastructures de la bâtisse pour réaliser les travaux. Nous avons donc fait appel aux experts à l’origine de la conception et réalisation pour nous assurer que les travaux seront faits selon les règles de l’art. De telles garanties devraient répondre aux obligations du syndicat en termes de légalité et d’imputabilité. 


Nous avons appris qu’en condo, il ne faut surtout pas toucher à l’intégrité de la structure. Ainsi, impossible d’abaisser la porte-patio ou de creuser le plancher de la douche pour en faire une douche sans seuil. J’ai donc effectué plusieurs recherches sur internet pour palier à ce problème. Eurêka! J’ai fini par trouver une compagnie québécoise qui fabrique des seuils de douche sur mesure. En acier inoxydable ou prête à être « tuilée », cette base de douche s’ajuste au drain existant. Aucune modification requise. Parfaite pour le condo et compatible avec le programme d’adaptation du domicile (PAD) du gouvernement provincial. Il s’agit de la compagnie Fosk. Pour aller sur le balcon, je fais appel à l’entreprise GoRampe qui me fabrique une rampe sur mesure.

La suite et fin dans 2 semaines.

Chantal Lanthier

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Bon débarras 2020!

Fidèle à mes habitudes, lorsque Noël approche, je fais toujours un petit bilan de mon année. Le moins que l’on puisse dire c’est que 2020 fut une vraie année de merde. Les seules choses positives qui me viennent à l’esprit c’est que nous avons eu un bel été chaud, que les Américains se sont enfin débarrassés de Trump et que je sois encore en vie…..lol.

La pandémie nous aura fait réaliser plusieurs choses dont notamment l’importance de s’auto-suffire au niveau provincial et d’acheter local, de produire nos propres légumes, de la nécessité des cultivateurs, des artisans et de l’industrie agroalimentaire du Québec. Elle nous a également révélé la puissance de la culture dans nos vies….musiciens, artistes, humoristes, acteurs, chanteurs, danseurs, peintres, artistes du cirque….comme vous nous manquez! Les sorties au cinéma, les bons soupers au restaurant entre amis, les sorties au théâtre ou pour voir un bon show restent gravés dans nos mémoires et nous espérons que bientôt, ils pourront faire leur réouverture. 

Cette pandémie a aussi contribué à nous faire prendre conscience que la vie est bien fragile quand un virus se montre le nez. À l’heure à laquelle j’écris cette chronique, 1,6 million de décès mondialement ont été enregistrés. Ça représente 10,000 décès par jour. À tous ceux qui ont perdu des proches, j’offre mes plus sincères sympathies. Quant à ceux et celles qui l’ont attrapée, j’espère que vos séquelles chroniques ne sont pas invalidantes et que votre santé se porte bien. 

Le télétravail continue de prendre de l’importance. Les employeurs ont compris que la conciliation travail-famille était réalisable et je crois que cela perdurera. Plus besoin d’acheter des bureaux pour loger les employés, il suffit d’en louer. Moins de gens sur les routes parce que les travailleurs peuvent faire le travail de la maison, j’espère que ça donnera un coup de pouce à la planète qui en a bien besoin. Au moins, toutes ces fermetures lui auront permis de souffler un peu et ce, au détriment des revenus des entreprises.

Nous avons appris, beaucoup appris. Nous savons maintenant qu’il faut protéger davantage nos aînés dans les CHSLD, que l’enseignement à distance n’est pas une panacée, que le cyber magasinage c’est pas si pire que ça, que la motivation des jeunes adultes envers leurs études est à la baisse, que la détresse psychologique de tous et chacun est tangible et fragilisée par cette pandémie et finalement que nous serons fortement endettés pendant des années. 

L’année 2020 a aussi apporté son lot de tragédies. Je pense à George Floyd, un homme noir, décédé le 25 mai 2020 à Mineappolis dans le Minnissota aux États-Unis. Alors qu’il était stationné dans sa voiture, George Floyd a été interpellé suite à l’appel d’une épicerie signalant qu’il avait utilisé un faux billet. Il a été menotté puis plaqué au sol par trois policiers qui l’ont immobilisé en exerçant une pression du genou sur sa nuque. Les policiers ont appelé une ambulance pendant que George Floyd se plaint à de nombreuses reprises qu’il ne peut pas respirer et gémit, appelant à l’aide avant de cesser de parler et de bouger, semblant avoir perdu connaissance. Le placage ventral, qui dure près de neuf minutes, les plaintes et la souffrance apparente de George Floyd sont filmés par des passants qui essaient d’intervenir, tentant de convaincre les policiers de le changer de position. L’ambulance est arrivée et les ambulanciers ont tenté de réanimer George Floyd, qui finalement est déclaré mort. Les images filmées par les passants se sont propagées sur les réseaux sociaux, puis dans les médias et à l’international, provoquant de très vives réactions aux États-Unis et à travers le monde. Ce tragique événement démontre comment, 50 ans après la fin du mouvement pour les droits civils, le système américain de justice continue de discriminer les Afro-américains en refusant de leur reconnaître un statut légal similaire à celui des citoyens blancs.

Puis, chez nous la mort, en direct, de Joyce Echaquan.  La vidéo montre la mère  autochtone attachée à sa civière, affirmant avoir été «droguée». La femme de 37 ans avait des «problèmes cardiaques» et pourrait avoir reçu trop de morphine. Ensuite, on peut entendre deux membres du personnel hospitalier proférer des insultes à son endroit. «Hey, t’es épaisse en câlisse», entend-on notamment dire par l’une des femmes. «Ça là, c’est mieux mort ça! », laisse également tomber une des employées. «T’as fait des mauvais choix, ma belle! Qu’est-ce qui penseraient tes enfants, de te voir comme ça ? Pense à eux autres un peu! », ajoute aussi l’une des femmes à l’endroit de Mme Echaquan. «C’est meilleur pour fourrer qu’autre chose, hein? Surtout que c’est nous autres qui paient pour ça! »

C’est vraiment écœurant de constater qu’en 2020, des personnes puissent adopter de tels comportements. Je suis révoltée. Je ne comprends pas pourquoi certains individus agissent différemment en fonction de la couleur de la peau, du genre, de la religion, de la différence culturelle ou du niveau social. Ça ne me rentre pas dans la tête! Espérons que la prochaine décennie nous apportera un réel changement de mentalité car nos multiples identités sont ce qui nous rend uniques et différents, mais elles sont aussi ce qui nous rend similaires.

Évidemment cette année, Noël ne sera pas comme ceux des années passées. On ne pourra voir nos êtres chers, voir l’émerveillement dans les yeux des petits-enfants quand ils ouvriront leurs cadeaux, partager la tourtière et la dinde et surtout serrer dans nos bras la parenté et les amis. Jocelyn et moi avons décidé de ne pas recevoir et de nous plier aux consignes gouvernementales. Cela nous rend tristes mais n’avons plus le choix. Il en va du bien-être collectif et de ma santé. Une personne du réseau de la santé m’a confirmé que des infirmières et préposés sont forcés de quitter leur département hospitalier pour aller travailler en zone rouge. Les dommages collatéraux sont nombreux pour le système de santé. Épuisés, les travailleurs de la santé tombent comme des mouches. Pour éviter que le prochain rassemblement familial ne se tienne au cimetière, pensons-y deux fois avant d’inviter nos proches.

Cette époque, pas si lointaine, où l’on pouvait encore se coller, se serrer dans nos bras, sans peur, sans masque, reviendra.  Le bonheur d’être ensemble, aussi. Pour l’instant, le plus beau des cadeaux à faire c’est de s’abstenir de voir ses proches à Noël. Comme disait Stéphane Laporte dans sa chronique du 5 décembre : « Et puis ça va nous faire des histoires à raconter autour du feu. Nos parents avaient la leur: « Dans mon temps, à Noël, on avait juste une orange et un morceau de charbon dans notre bas de Noël. Alors, les enfants, appréciez ce que vous avez. Vous êtes chanceux ! » Nous, pendant des générations, on va pouvoir radoter : « Nous, à Noël, on pouvait pas sortir de la maison. On ne voyait personne. Pas de réveillon. Pas de party. Alors, les enfants, appréciez ce que vous avez. Vous êtes chanceux ! » Les prochaines semaines vont faire de nous des personnages de légende. Nous aurons vécu l’année où Scrooge a gagné. L’année où Noël fut annulé. On va faire tellement pitié. Nos descendants vont nous admirer » !

En terminant, rappelez-vous qu’il vaut mieux s’ennuyer que de trépasser!

Je vous souhaite un Noël rempli d’amour et de sérénité, un Noël spécial, comme vous! 

Chantal Lanthier

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