Engagement communautaire et bienveillance

Saviez-vous que le 3 novembre est la journée internationale de la gentillesse? Mark Twain disait que « La gentillesse est le langage qu’un sourd peut entendre et qu’un aveugle peut voir ».

Depuis mon diagnostic de la SLA je suis davantage touchée par les actes de générosité qui se passent autour de moi et j’ai décidé, moi aussi, de créer plus de gentillesse dans ce monde où peu de nouvelles réjouissantes envahissent la une des journaux, où l’intimidation, la méchanceté et les injures trônent au sommet des réseaux sociaux.

Récemment j’ai reçu un beau message d’une parfaite inconnue qui a lu mon livre. Le message disait ceci : «  Bonjour Chantal, je désirais vous dire que pour la 1ère fois, depuis au moins 10 ans, j’ai repris un livre papier dans mes mains et j’ai recommencé à lire. Votre livre (votre vie), me touche beaucoup. Je vous ai rencontrée à Lorraine la fin de semaine passée et en lisant seulement l’endos du livre, j’étais déjà touchée en plein coeur, émotive, que je n’ai quasi pas pu vous regarder. Je continue à dévorer votre livre, restez la belle personne que vous êtes et soyez forte, vous serez dans mes prières… Merci encore de m’avoir redonné l’envie de lire. Prenez grand soin de vous et continuez à avoir ce si beau sourire! ». Ce simple mot m’a remplie d’une joie profonde. Je me sentais heureuse et, franchement, je voulais me sentir encore et encore envahie de ce sentiment. Cette petite voix qui te dit que tu as fait la différence. Cette satisfaction que l’on ressent en se regardant dans le miroir et pouvoir se dire que l’on est « quelqu’un de bien » malgré nos limitations. Ce sentiment puissant est à la portée de tous lorsque l’on s’investit dans la communauté ou que que l’on pose des gestes gentils à l’égard de notre prochain.

Melanie Rudd, professeure adjointe en marketing à l’Université de Houston, effectue des  recherches sur la compréhension de ce qui nous rend heureux. Ses recherches portent en grande partie sur cet aspect du don de soi. Il s’agit «d’aider les autres et de les voir heureux. Ceci nous procure une lueur chaleureuse», dit-elle.  « Il est difficile de faire quelque chose de totalement  altruiste car nous nous sentons toujours bien après avoir accompli un acte de gentillesse », dit-elle.  Sans surprise, elle dit que nous désirons tous, renouveler ce sentiment que nous procure l’acte gentil.  Même les gens qui dépensent de l’argent pour les autres – plutôt que pour eux-mêmes – éprouvent de plus grands sentiments de bonheur.

Jamil Zaki, professeur adjoint de psychologie à l’Université de Stanford, a passé des années à étudier comment la bonté peut être transmise.  «Nous constatons que les gens imitent non seulement les détails des actions positives, mais aussi l’esprit qui les sous-tend», selon son article de 2016 dans Scientific American.  « Ceci implique que la gentillesse elle-même est contagieuse. Elle peut  traverser les gens et prendre de nouvelles formes en cours de route. » Par exemple, il a découvert que les gens faisaient de plus grands dons de bienfaisance quand ils pensaient que les autres (amis et famille) étaient généreux. Cela m’a fait penser à certaines des campagnes GoFundMe que j’ai soutenues: si je constate que de bons amis donnent environ 50$, il est probable que je donnerai autant qu’eux. Zaki pense que cela est enraciné dans notre « désir de faire partie d’un groupe », ce qui nous donne un sentiment de sécurité et d’identité.

On se sent perdus entre les tas de fondations et d’organismes qui sollicitent nos dons. Ce dérangement est le prix à payer quand une société choisit l’austérité et fait des coupes dans les programmes sociaux, parce que c’est le principe de la charité qui doit prendre le relais.

Pas besoin de faire de acte de bravoure comme preuve de gentillesse. Un mot d’encouragement envers une personne qui en arrache, un coup de téléphone à un être cher, offrir de garder les petits-enfants pour votre fille exténuée, tendre une main vers les plus démunis de la société, …. Tous ces petits gestes qui font la différence c’est ce que l’on appelle la contagion de la gentillesse. Vous n’avez pas de temps? Alors donnez de l’argent. En plus, les dons à des organismes reconnus sont déductibles d’impôts.

La gentillesse est avant tout une attitude, quelque chose de très spécifique dans sa relation à l’autre. Les bienfaits d’être gentils et de donner à son prochain sont multiples : c’est une occasion des transmettre nos valeurs, ça procure un sentiment d’accomplissement, ça permet de vivre de grands et intenses moments, de faire la différence dans la vie des gens, ça développe ta compassion, ça répond au besoin fondamental de se sentir utile, ça offre une façon de rencontrer des gens qui ont des intérêts similaires et se soucient des mêmes choses que vous, ça améliore votre santé mentale, ça stimule le bonheur et par-dessus tout, tu apprends à donner sans attentes.

Au cours du mois prochain, faites le test, juste pour voir si le professeur Zaki a raison. Souriez le plus souvent possible et voyez si les gens vous rendent un sourire. Investissez-vous dans l’humain. Aider les autres peut amener le bonheur et donner un sens à votre vie. Si ça marche, (et je n’en doute pas!) vous pourrez dire que vous avez contribué à « la mini contagion de bonté ».

Chantal Lanthier

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