Et si simplicité rimait avec bonheur

Je l’écris souvent, le bonheur est dans les petites choses. Les actions qui semblent banales et anodines mais dans lesquelles on ressent l’honnêteté du coeur, celles offertes avec sincérité et plaisir, font en sorte qu’on se sent mieux. Avec la diminution de la spiritualité, l’éclatement des familles, l’éloignement des enfants, la perte du sens de la collectivité et l’accélération effrénée de notre rythme de vie, il n’y a presque plus de place et de temps pour apprécier les petits bonheurs de la vie. Encore faut-il être attentif à ces petits instants qui passent souvent inaperçus. Un regard tendre, une main posée sur la tienne, une sourire, un câlin bien senti, un beau bonjour provenant d’un étranger, cela a de quoi nous remonter le moral et ensoleiller notre journée.

Vous allez peut-être me dire que je me contente de peu ou alors me traiter de fleur bleue mais peu m’importe! Je vis aux rythme des émotions et j’ai envie de voir le meilleur. Je carbure à fond:

  • Aux ballades en nature;
  • Aux cornets de crème glacée au chocolat;
  • Aux rayons du soleil sur ma peau;
  • Aux ronrons de mon chat;
  • Aux fleurs de mon jardin;
  • Aux rassemblements amicaux;
  • À la candeur des enfants;
  • Aux chants des oiseaux;
  • Aux mots doux de mon amour;
  • Aux gestes de tendresse, etc……

J’aime les gens qui portent des valeurs humanistes comme la bienveillance, l’empathie, le souci d’autrui, l’écoute des autres, la solidarité, l’honnêteté, le courage de leurs convictions. Ceux qui sont guidés par le coeur.

Je ne renonce à rien. Je prends tout, je ressens tout. J’ai encore confiance en la vie, j’ai envie de grandir et d’être plus humaine. J’ai envie de changer ce qui dépend de moi et d’accepter, dans un vrai consentement, ce sur quoi je ne peux rien. Il vaut mieux l’accepter plutôt que d’être dans la colère et le déni, car j’ajoute alors à la difficulté vécue, une souffrance morale et psychologique. Je veux jouir sereinement de la vie dans toutes les dimensions de mon être. C’est le chemin de toute une vie, mais c’est pour moi le plus beau qui soit.

Comme le disait si bien Stéphane Laporte dans l’édition de La Presse 9 juin 2018: « Il faut apprendre à aimer la vie. La vraie vie. Pas la fausse. Aimer la vie, c’est aimer tout ce qu’elle est. Tout ce qu’elle a. Il faut plus mettre en valeur l’amour de la vie. L’amour des animaux, de l’environnement, aussi. L’amour du travail. L’amour de son prochain, bien sûr. Mais en haut de la liste, vivement l’amour de la vie. Aimer tout ce qu’elle est et tout ce qu’elle nous amène. En profiter jusqu’à la dernière seconde ».

Vous qui lisez mes chroniques, vous savez combien j’aime faire des ballades en forêt. Je pense que le fait de développer un lien avec ce qui est plus petit que nous et plus grand que nous constitue une nécessité pour la survie de notre nature. Nous devons respecter le vivant, le considérer comme notre égal et en prendre soin. Quelle que soit notre foi, le respect teinté d’empathie envers toute forme de vie, est un élément primordial. Je nous souhaite de nous ouvrir à nouveau au vivant, pour construire notre humanité individuelle et collective. Ces ballades me font un bien immense. J’en ressors toujours revigorée d’une énergie nouvelle. C’est banal comme activité mais ……. je vous l’ai dit : le bonheur est dans les petites choses…lol.

Et si on se débarrassait de tout ce surplus? Surplus d’objets, surplus mental, surplus de tracasseries, le surplus de distractions, histoire de renouer avec l’essentiel, de ce qu’il y a de profondément enfoui en nous. Et si on se demandait ce que nous voulons vraiment? Identifier et conserver l’essentiel, préférer la qualité à la quantité, privilégier les relations humaines au matériel, mener une vie simple où l’on fait plus attention à son environnement, prendre réellement conscience des petits riens de la vie, réduire la course à la consommation, prendre le temps de trouver notre place, prendre conscience de nos actes, de nos choix, et des moments que nous partageons, là, maintenant. Finalement, la simplicité revient à se libérer des futilités pour nous concentrer sur les choses simples de la vie qui nous apportent plus de bonheur.

Chantal Lanthier

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Parfaite, imparfaite!

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Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux deux extrémités d’une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules. L’une des jarres conservait parfaitement toute son eau de source tandis que l’autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route à cause d’une brisure.

Chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demie d’eau à chacun de ses voyages. Bien sûr, la jarre parfaite était fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille.

Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable.

Au bout de 2 ans de ce qu’elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s’adressa au porteur d’eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source. «Je me sens coupable et je te prie de m’excuser».

Le porteur d’eau fut touché par cette confession, et répondit : «Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes le chemin». Arrivé à destination, il lui demanda:
«T’es-tu rendue compte qu’il y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite?». C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau, et j’en ai tiré parti. J’ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosées. Pendant 2 ans, j’ai pu cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses.

Morale de l’histoire :

Nous avons tous nos fissures, nos blessures et nos imperfections. Nous avons tous en nous une jarre plus ou moins abîmée.

Moi, j’ai vécu une partie de mon enfance en étant l’objet de quolibets. J’étais rousse, je portais des broches et j’affichais un bec-de-lièvre. Le « jackpot » pour quiconque avait un brin de méchanceté. Y’a rien que l’on ne m’a pas dit: Poil de carottes, t’es-tu pognée dans les barbelés?, nez croche, as-tu dormi sous un moustiquaire? (à cause de mes tâches de rousseur). Dans les années 1970, contrairement à aujourd’hui, les appareils dentaires étaient rares. Grossiers et conçus en métal, ils n’avaient pas la finesse de conception qu’on leur connaît maintenant.

J’ai donc fait l’objet de moqueries de la part de mes camarades de classe. Mais loin de m’intimider, ces insultes me mettaient en colère. Si je constatais que je n’étais pas un canon de beauté, l’estime que j’avais de ma personne ne tenait heureusement pas à mes attributs physiques. Ces risées ne m’atteignaient qu’en surface. Ma mère, qui devinait que les enfants du voisinage étaient parfois cruels avec moi, m’a enseigné à ne jamais tolérer l’intimidation. J’avais la répartie facile et je ne me laissais pas faire. Il m’arrivait même de donner rendez-vous aux « méchants » pour leur infliger une correction. Ma mère ne prônait toutefois pas la violence. Elle m’a insufflé la confiance en moi et l’estime de moi-même: deux précieuses qualités qui m’accompagnent encore aujourd’hui.

À ceux qui sont diminués par la vieillesse ou la maladie, à ceux qui n’aiment pas leurs imperfections, qui se trouvent trop gros ou pas assez, trop petits, trop grands, pas assez belles, trop toutes, rappelez-vous que ce sont nos « défectuosités » qui nous rendent «unique». Chaque humain naît avec des attributs physiques qui lui sont propres. La différence c’est naturel. La quête de perfection en terme de beauté est tellement ennuyeuse et lourde à porter. Misez donc sur votre personnalité plutôt que sur votre apparence. Être authentique et vrai. Non pour le paraître mais pour l’être humain que vous êtes à l’intérieur. Laissez votre lumière intérieure éblouir votre extérieur. Personnellement, j’ai pu remarqué que malgré mes nombreux handicaps physiques, plusieurs personnes me disent que je suis belle et que je rayonne. Mon secret? Je cultive mon intérieur, je nourris mon esprit et j’écoute. Mon parcours de vie, mes fissures, mon expérience, mes épreuves et mes imperfections font de moi ce que je suis. La différence est dans l’œil de celui qui regarde….alors en changeant de regard tout change.

L’analogie qui me vient en tête lorsque je pense à tout cela est la route. Aimez-vous mieux prendre l’autoroute, parfaite et monotone ou, la route de campagne pleine de détours, de recoins et de découvertes?

Chantal Lanthier

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Et si on défonçait le plafond?

 

On parle souvent de «l’être» mais aujourd’hui j’ai envie de vous parler de «l’avoir». Pas en terme de possession matérielle mais plutôt en terme d’avoir ou pas, les ressources pour faire ce que nous voulons vraiment de notre vie. Nous possédons tous un niveau satisfaction par rapport à ce qui se passe dans notre vie. Certains diront : «Moi, je n’accepterais jamais ça» alors que pour d’autres, la coupe est loin d’être pleine. Quel est ton niveau d’acception par rapport aux différents aspects de ta vie? Regarde ta vie et demande-toi, honnêtement, si les standards que tu t’es fixés et dont tu rêves, te rendent heureux. Que désires-tu vraiment?

Le terme «Havingness» est à la mode et représente notre capacité à obtenir ce que nous nous demandons à nous-mêmes. Pas ce que nous méritons, pas ce que nous accumulons, pas ce que la chance nous envoie mais simplement le fait d’être convaincu que je peux obtenir ceci ou cela. D’avoir une vision de ce que nous désirons, de se fixer des buts pour atteindre notre objectif.

Chacun de nous établit une sorte de plafond (nivellement) sur ce qu’il accepte ou non dans la vie. Certains se disent : «c’est tout ce que je mérite» croyant à tort qu’ils ne peuvent pas faire mieux. Les excuses sont nombreuses : j’ai eu une enfance difficile, j’ai fait ce que mes parents attendaient de moi, j’attends le bon moment, c’est trop difficile pour moi, je n’ai pas d’argent pour ça, etc. En réalité, certaines personnes sont confortables dans un état toxique. Cela alimente assurément quelque chose chez elles. Nous connaissons tous quelqu’un qui se plaint de telle ou telle chose et qui ne semble pas prendre les moyens pour changer les choses.

Pourquoi gaspiller autant d’énergie en rêvant de l’impossible? Simplement parce que ça nourrit notre intérieur! Parce que quand nous rêvons à ce que nous voulons atteindre, ça nous stimule et nous donne un but. Il y a plusieurs sphères de notre vie que nous pouvons explorer : nos relations, notre carrière, nos amours, notre famille ou notre santé. Quel est notre niveau de satisfaction en lien avec ces aspects de notre vie? Et si on avait la possibilité de hausser ce plafond de satisfaction? Et si, on rêvait plus à ce qu’on veut vraiment? Sans barrière, sans limite. Seulement en visualisant notre objectif, en travaillant fort et en persévérant.

Vous savez déjà que le niveau de satisfaction n’est nullement relié à la quantité. Avoir la grosse maison, le gros salaire, la voiture de l’année n’est pas un gage de bonheur. Plus que les choses matérielles, c’est notre capacité d’apprécier ce qui nous entoure, d’accueillir l’amour, d’expérimenter la joie et l’enthousiasme, de donner suite à nos idées et valeurs, de combler nos besoins et, finalement d’être heureux qui comptent vraiment.

Pour augmenter votre plafond de « havingness », nous devons prendre des risques. Ces risques impliquent souvent de remettre en cause le statu quo, de se sentir plus vulnérable, de s’ouvrir au rejet, à la désapprobation des autres et même à la souffrance. Si nous ne souhaitons pas inclure ces éléments dans notre expérience, il faut alors se contenter de ce que nous vivons.

Le risque nous ouvre sur beaucoup de possibilités. Ces possibilités sont comme un espace de notre imaginaire, dans laquelle nous nous permettons de rêver de ce qui pourrait être. Il n’est pas toujours évident de relever les plafonds de ce que nous voulons faire de notre vie. Cela créer de l’inconfort mais ça vaut la peine. Pourquoi tolérer une situation qui ne nous rend pas heureux?

Dès que nous commençons à nous sentir résignés, malheureux, il est temps de repousser le plafond des possibilités. Pour moi, cela commence par la gratitude: une véritable reconnaissance de ce que j’ai et du fait que je suis toujours en vie. Certains diront que j’ai fait un virage de 180 degrés et c’est vrai. Je sais que la maladie m’a forcée à entrer en communication avec moi-même. Je me questionne sur le sens de la vie et comment je souhaite vivre les mois, les années qui me restent. De quoi j’ai envie? Faut-il nécessairement qu’une chose meure pour qu’une autre naisse? Est-ce que je fais honneur à chaque jour qui se lève? Comment puis-je optimiser mes capacités?

«Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles» disait Oscar Wilde, écrivain irlandais. Cette citation nous donne raison de rêver, de viser haut et de ne plus se contenter de choses médiocres ou toxiques. De ne pas passer à côté de nos rêves et d’oser de beaucoup plus.

Le plus important est sûrement d’avoir du pouvoir sur notre vie, de se sentir les maîtres d’oeuvre de notre bonheur. Savoir utiliser nos émotions et que ces dernières deviennent des alliées précieuses dans notre quête de satisfaction. Lorsqu’on arrive à faire ainsi une place importante à nos rêves et à combler nos besoins profonds, on se retrouve avec une existence qui nous convient vraiment. On se respecte de plus en plus et on est davantage fidèle à soi-même. Les fruits de cette façon d’être sont considérables: une solidité intérieure et une estime de soi accrues.

Chantal Lanthier

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Les poilus!

Un an avant mon diagnostic (donc en 2012), Maya et moi avions fait la rencontre de Boris dans un refuge pour chats de Laval. La petite bête, âgée de quatre mois, était toute maigre. Le chaton occupait seul sa cage. Dès qu’on avait vu ses grandes oreilles, son pelage caramel et ses petits yeux tristes, nous nous étions senties attirées, irrésistiblement, vers cette petite boule de poils. L’employée du refuge l’avait sorti de sa cage et Maya s’en était emparée. Aussitôt dans ses bras, le chat s’était logé dans son cou et s’était mis à ronronner. Maya m’avait alors regardée et dit, tout simplement : « C’est lui ! » On l’avait ramené à la maison, soigné, car il avait la teigne, et on lui avait fait prendre du poids. Boris est un chat affectueux. Tous les soirs, il saute sur mes genoux, « pattonne » pendant au moins deux minutes et finit par se coucher. Il m’apaise quand je pose ma main sur son corps doux, et il ronronne. Je ferme alors les yeux et je savoure cette vibration de bonheur apaisante.

J’ai grandi avec des chats. Nous étions trois dans ma famille et nous avions chacune notre chatte. La mienne s’appelait Mimi. Elle était noire et blanche. Quand nous sommes revenues du camp de vacances, ma soeur et moi avons constaté la disparition des chats. Je ne me souviens plus pourquoi ma mère les avaient envoyés à la SPCA mais je me rappelle avoir pleuré en titi. Elle pensait probablement que notre absence de la maison rendrait moins pénible la perte de notre chat. Comme je lui en ai voulu. Nous sommes restées pendant un certain temps sans félins. Ma mère a alors commencé à nourrir les chats errants. Elle ne pouvait simplement pas résister à ces charmantes petites bêtes poilues. Elle mettait un temps fou à leur construire des cabanes avec des boites de carton qu’elle ramassait ici et là. Elle ne supportait pas l’idée de les voir geler. Au moment de sa mort elle en avait deux; qu’il nous a fallu donner.

Mon aventure avec les chats n’a cependant pas toujours été idyllique. Je me rappelle bien de ce petit chaton errant que j’avais réussi à attraper pendant que je travaillais au pénitencier de Cowansville alors que j’étais encore célibataire. Il s’était plutôt bien adapté à moi. Il avait pour habitude de coucher dans mon lit. Lorsque j’ai fait la connaissance de Jocelyn et qu’il a commencé à séjourner chez moi, le chat ne voulait rien savoir de lui. Il adoptait des comportements bizarres du style manger les barreaux des chaises en bois et faire pipi sur la moquette. D’abord abasourdis, nous avons commencé à l’enfermer dans une pièce lorsque nous quittions. Un jour que nous revenions de faire des achats, nous avons ouvert la porte afin de libérer le chat. Nous avons alors constaté un capharnaüm sans nom. Le chat avait empli la pièce de merde partout. Il y en avait sur le plancher, le bas des murs, la laveuse et la sécheuse. Il avait même grugé la porte française qui lui bloquait l’accès au reste de la maison.
À partir de ce moment, mon amoureux m’a dit : « c’est le chat ou c’est moi ». Épuisé de ses frasques, il venait de me donner un ultimatum. Vous devinez lequel j’ai gardé!

Je crois fermement aux vertus de la zoothérapie et suis reconnaissante de la joie que Boris m’apporte. De nombreuses études ont prouvé les multiples avantages du contact avec les animaux. En effet, posséder un animal de compagnie permet de faire baisser le stress et l’anxiété. Pour les personnes seules, avoir un animal de compagnie réduit l’ennui et la solitude. Le simple contact avec l’animal est apaisant. Aucune compétence n’est nécessaire pour interagir avec l’animal et la notion de performance sociale n’existe pas. Les vertus sont nombreuses : développer le sens des responsabilités, favoriser la communication et les échanges sociaux, maintenir les capacités motrices (par l’exercice), stimuler les capacités cognitives (mémoire, attention), stimuler les sens, etc.

Ceux qui n’ont pas la chance de posséder un animal de compagnie vont de plus en plus à leur rencontre. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que l’on assiste à l’ouverture de cafés à chats et chiens. Personnellement, je n’y suis jamais allée mais j’aimerais.

Mon Boris a été très malade dernièrement. Il perdait du poids sans qu’on sache pourquoi. Nous avons consulté le vétérinaire. Une prise de sang lui a été faite. Les reins, le foie, les globules blanches et rouges, la leucémie et le VIH, tout est revenu négatif. On a changé sa nourriture pour de l’hypoallergène, rien n’y faisait. Il continuait à vomir et à perdre du poids. C’était déchirant de ne pas connaître la nature de son mal (J’espérais qu’il n’ait pas la SLA!). Finalement après une série de radiographies, une échographie et plusieurs centaines de dollars en moins, le vétérinaire a conclu qu’il avait la maladie de Crohn. Il doit prendre de la cortisone et des probiotiques. Et moi qui avais toujours pensé qu’il me survivrait, je n’en n’étais plus certaine pendant cette attente qui a durée deux mois. Cela aurait été tellement difficile de me passer de lui. Je l’aime tant!

J’ai une petite demande à formuler à tous ceux qui liront cette chronique. Pouvez-vous me dire si vous avez un animal dans votre vie? Si oui, jusqu’où serez-vous prêts à aller pour votre animal malade? Cela serait également amusant de voir une photo de votre ti-chou.

Chantal Lanthier

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Quand la colère gronde…

Il y a quelques semaines, au café-rencontre SLA de Lorraine, un seul sujet était à l’orde du jour. Comment faire en sorte que les gouvernements provincial et fédéral mettent la SLA à leur agenda et y consacrent plus d’argent? Comment faire pour réduire la bureaucratie et les inciter à instaurer un processus accéléré pour guider les patients atteints de maladie incurable et mortelle à essayer les traitements expérimentaux dans d’autres pays? Je vous explique la situation. Santé Canada ne sollicite pas les compagnies pharmaceutiques qui mettent en branle des essais cliniques. Peu importe l’ampleur de la découverte, le Canada ne fera rien pour que ce médicament ou essai clinique se tienne ici.

Quand un patient entend parler d’un traitement potentiel expérimental, il doit lui-même faire les démarches auprès de cette compagnie pour se procurer le médicament ou pour participer à l’essai clinique. Il est laissé à lui-même avec la «procédurite». Les barrières de la langue et les nombreuses démarches pour l’obtention du produit à titre de médicament d’exception, en freinent plus d’un. L’énergie n’est pas toujours au rendez-vous pour entreprendre toutes ces démarches. Souvent, le médicament ou l’essai clinique n’est disponible qu’en se rendant dans un pays étranger et la seule pensée d’effectuer le voyagement en rebute plusieurs. Il ne faut pas oublier que nous sommes amoindris par la maladie et que certains ne sont pas en mesure de prendre l’avion.

Un autre aspect à considérer est l’argent. Les pharmaceutiques exigent des sommes astronomiques pour leurs médicaments. Par exemple, un traitement de cellules souches très prometteur pour ralentir la maladie se détaille, en Israël, à 650,000$. Pourtant, un essai clinique, gratuit, est disponible aux Etats-Unis. Il est même disponible à Boston pour les Canadiens qui désirent s’y rendre. Il s’agit d’un protocole de recherche exigeant qui nécessite plusieurs rendez-vous et qui s’étend sur un an. Il y a des critères précis pour appliquer et la personne a 50% de chance (ou malchance) de recevoir le placebo. Tel que mentionné précédemment, la personne atteinte de la SLA est malade et doit conserver son énergie pour accomplir sa routine quotidienne pendant laquelle chacun de ses gestes exigent déjà toute son énergie. C’est ça la maladie, ça épuise! Je comprends bien que pour tous les essais cliniques il est impératif de valider l’efficacité du médicament en forçant 50% des patients à prendre le placebo mais avouez que cela revêt un caractère particulièrement cruel pour des patients dont la mort est éminente.

Une connaissance, elle aussi atteinte de la SLA, a participé à plusieurs tribunes médiatiques durant la dernière année. Force est de constater, que ses nombreuses apparitions et auditions ont donné peu de résultats. Elle a beau crié haut et fort les incongruités du système de santé, rien ne bouge. Personne n’écoute. Tous sympathisent à la cause mais dans les faits, tout demeure stagnant. À force de ne pas bouger, les gouvernements contribuent à faire augmenter la colère de certaines des personnes atteintes. Faut-il bloquer un pont pour qu’on nous prenne au sérieux? Notre vie est en jeu! En 2019, je ne peux pas croire qu’on laisse mourir des gens pour de la bureaucratie. Pourquoi ne pas être pro-actif et inviter les pharmaceutiques à instaurer leurs essais cliniques ici? Pourquoi tant de résistance à mettre en place des mécanismes accélérés? Pourquoi n’avons-nous pas une chance égale à d’autres pays?

Je me rappelle de ma fervente implication au début de la maladie. Moi aussi je me suis impliquée médiatiquement parlant. Les journaux, la télé, la radio; rien ne m’arrêtait. Il faut admettre qu’on parlait peu de la SLA en 2013. Le phénomène du Ice Bucket Challenge de 2014 allait changer ça. Je me faisais un point d’honneur à sensibiliser le plus de gens possibles aux enjeux de cette maladie. J’ai lu dernièrement, que 675,000 personnes, mondialement, sont mortes de la SLA depuis le Ice Bucket challenge et pourtant aucun traitement n’est encore disponible. C’est difficile à comprendre.

Aujourd’hui, je ne suis plus en mesure de m’impliquer aussi activement. Ma voix et mon énergie ne sont plus là. Je participe, à ma façon, en écrivant des chroniques qui j’espère, donnent une représentation assez fidèle de ce que c’est que de vivre avec la SLA au quotidien. La colère ne m’habite pas. Je mets mon énergie à rester le plus zen possible. Je n’initie plus d’activités mais on peut toujours compter sur moi pour tout acte de rébellion. «I am all in!» comme on dit. Je me vois bien avec mes compagnons en fauteuil roulant bloquant le nouveau pont Champlain et roulant à pleine vitesse, cheveux au vent et sourire aux lèvres.

À chaque 14 heures, quelqu’un, au Québec, reçoit un diagnostic de SLA et à chaque 14 heures quelqu’un en meurt. Et si c’était vous? Que feriez-vous pour vous faire entendre des gouvernements?

Chantal Lanthier

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