Dans la différence se trouve la richesse

 

J’ai toujours prôné la différence. Ce qui nous rend unique est une richesse. Évidemment ne parler pas de ça aux adolescents. Période ingrate où tout ce l’on veut est de se fondre dans la masse. Ado, je détestais mes cheveux roux et frisés jusqu’à ce qu’un parfait étranger m’eût dit qu’ils étaient resplendissants de beauté. J’étais dans l’autobus par une  belle journée ensoleillée et ce monsieur est descendu du bus en me murmurant combien mes cheveux étaient beaux. C’était un compliment gratuit et combien significatif pour l’adolescente que j’étais. J’avais, chez moi, un atout qui me distinguait des autres. Pourquoi le cacher? Et si j’avais vu le jour en Irlande ou en Écosse, probablement que la couleur de mes cheveux serait passée inaperçue. Voulais-je assumer ma différence? Oui, définitivement! La différence est un avantage pour quiconque veut bien le recevoir. Il doit y avoir réciprocité, l’un doit faire preuve d’ouverture et l’autre doit transmettre. C’est par l’apprentissage et l’éducation que nous nous ouvrons à d’autres cultures, mœurs, genres, religions, etc…

Lorsque j’étais Chef des programmes au pénitencier de Joliette, mon travail consistait, entre autres, à mettre en place les pratiques pour les détenues autochtones. Je devais donc m’assurer auprès des aînés autochtones du respect des rituels et de la culture. J’ai ainsi été initiée à la spiritualité, nourriture et aux tradition autochtones.

Nous aurions avantage à nous inspirer de leur philosophie de vie à bien des égards, notamment en ce qui a trait :

1. Les citoyens des premières nations entretiennent une relation particulière avec la terre et tous les êtres vivants qu’elle abrite. Cette relation est fondée sur un lien profond avec la mère-terre qui a amené les communautés autochtones à pratiquer la vénération, l’humilité et la réciprocité. La terre donne vie, nourrit et maintient en vie. Elle nous donne les aliments, l’air et l’eau dont nous avons besoin. Amoureux de la nature, ils ont développé une compréhension du monde basée sur le fait que chaque élément de la nature, vivant ou non, possède un esprit. Ils ont donc un grand respect pour le vivant.

2. La fonction des aînés est également fondamentale lorsque nous parlons de culture autochtone. Ils sont généralement ceux qui acquièrent la sagesse. Ils sont au cœur de la communauté et leur parole est respectée au plus haut point. Ils prennent une part active en participant comme bénévoles aux enseignements, dans leur communauté et sont une courroie essentielle de la transmission de la mémoire. Ils se sentent utiles. Les aînés jouent un rôle essentiel à titre d’enseignants et de modèles au sein de la communauté. Ils transmettent les traditions, les valeurs, les rituels et les pratiques aux jeunes générations. Chez les premières nations, il n’est pas rare de voir 3 générations sous le même toit. Les CHSLD n’existent pas.

3. La vision spirituelle des autochtones est des plus inspirantes. Selon elle, la nature et l’univers sont bienveillants et fournissent des enseignements à l’humain, qui peut en tirer des leçons de sagesse. La spiritualité n’est pas seulement une façon de voir le monde mais bien une façon de le vivre. L’âme est immortelle, elle passe du monde des humains au monde des esprits. Les hommes ne sont pas supérieurs aux animaux et ne contrôlent pas la nature. Il existe une interdépendance des hommes, des animaux et de la nature. Il est donc nécessaire de maintenir l’harmonie, d’assurer l’équilibre entre les hommes et les forces de la nature. Leur spiritualité tient davantage d’une vision du monde que d’un ensemble de pratiques culturelles précises. Selon cette perspective, le sacré imprègne toutes les dimensions de la vie : le genre humain s’efforce de parvenir à une existence holistique, équilibrée et harmonieuse. La spiritualité autochtone s’appuie principalement sur le fait qu’une âme est attribuée aux animaux, aux objets et aux phénomènes de la nature. Il est aussi possible pour l’être humain d’entrer en communication avec ces forces de la nature.

4. Chez les Autochtones, si un individu trouve une quantité de nourriture plus importante que celle dont il a besoin, il est de son devoir de partager les surplus avec les membres du groupe qui ont plus de difficulté à en trouver. Ainsi, les enfants, les aînés et les malades sont toujours pris en charge. Dans ce contexte de générosité, la pratique du don et du troc est courante. Lorsqu’un individu donne quelque chose (objet artisanal, pièce de vêtement, nourriture, outil, etc.), celui qui reçoit cherchera à donner quelque chose de valeur similaire en retour. Ce devoir moral de faire un échange est observé dans la majorité des nations autochtones. La gratitude constitue un concept fondamental : le genre humain témoigne de la gratitude au monde naturel pour l’abondance des cadeaux auxquels il doit sa survie et sa prospérité. Les valeurs et les traditions sont des cadeaux du Créateur. La sagesse, l’amour, le respect, la bravoure, l’honnêteté, l’humilité et la franchise aident à vivre et à guérir comme il se doit.

Il est évident que nous n’avons pas respecté l’héritage culturel et les traditions des peuples autochtones. Notre façon paternaliste et indifférente de traiter ce peuple a laissé des profondes séquelles chez la plupart d’entre eux et a eu un impact non négligeable sur leurs descendants. L’assimilation du peuple des premières nations, nous a fait oublier combien leurs enseignements et leur philosophie de vie sont merveilleux.

Pour moi, il ne s’agit pas d’idéaliser ce peuple mais avant tout d’en réhabiliter la richesse. Leur spiritualité me rejoint. Elle est empreinte d’humanisme, favorable à la diversité, axée sur le bien-être de la communauté, l’équilibre personnel et le profond respect de la nature.

« Ne juge pas de l’immensité du ciel bleu en le regardant à travers une paille », j’adore cette citation! Il faut élargir nos horizons et aller à la recherche des personnes, des peuples uniques pour découvrir toute la richesse qu’ils renferment en eux. Nous devons franchir les obstacles pour y arriver.

Regardez moi! Malgré mon fauteuil roulant, malgré l’absence de ma voix, malgré mon allure, je cache bien des merveilles…..lol. Il faut aller au-delà des apparences.

 

Chantal Lanthier

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2 réponses sur « Dans la différence se trouve la richesse »

  1. Un autre article de Chantal Lanthier qui nous invite encore à la réflexion.  » La Sagesse Amérindienne  » est un de mes livres de chevet et comme tu as raison de dire que la spiritualité des autochtones mise surtout sur le respect de la Terre et ses Valeurs, du partage, du troc etc. Bravo de nous rappeler comme nos différences sont sources de richesse pour toute la société. Merci de nous rappeler les valeurs importantes des gestes posés durant notre vie sur cette Mère Terre . Amitiés Gigi

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