Et si on pratiquait la tolérance?

Le designer montréalais Markantoine Lynch-Boisvert et son conjoint ont été victimes d’une agression dans la nuit du 25 août, dans un bar de La Malbaie. D’après leur récit des événements, trois individus les ont frappés en raison de leur orientation sexuelle. Trois hommes s’en seraient pris à eux en les frappant et en leur volant des effets personnels. Ils ont subi une commotion et de multiples fractures au visage.

Le 26 août, on voyait la face du chef du parti populaire du Canada, Maxime Bernier, à côté du slogan « Dites NON à l’Immigration de Masse », sur un panneau d’affichage installé à Québec. Qui est donc ce Masse qu’on veut empêcher d’entrer au Canada?

Mardi le 27 août, un homme qui avait annoncé son téléphone à vendre sur Marketplace de Facebook et qui donne rendez-vous à un intéressé se fait trancher la gorge. Heureusement, la transaction a eu lieu dans un endroit public. Le jeune homme a pu demander de l’aide et s’en est tiré avec 13 points de suture.

Mais où donc s’en va mon Québec? Le monde est-il devenu fou? J’en ai assez de cette intolérance, de cette étroitesse d’esprit, de cette haine de la différence et de toute cette violence. J’en ai assez aussi de cette indifférence et de cette négligence envers les plus vulnérables de la société. Quand le monde évoluera t-il?

Depuis que j’ai la SLA, je suis plus sensible que jamais aux autres. Un rien m’occasionne une montée de larmes. Je ne tolère plus ce genre de situation. Comme le chante si bien Corneille dans sa chanson Le Bonheur :

  • Si on est ensemble
  • Sous le même soleil qui plombe
  • Sur cette même Terre qui gronde
  • C’est qu’on se ressemble
  • Assez pour se voir grandir ensemble
  • C’est une évidence
  • Le bonheur ne voit pas nos différences

Assez de la violence gratuite homophobe, la peur de l’immigration, la peur de l’étranger, la peur des musulmans en particulier. Assez des propos haineux envers les gens différents ou venant d’ailleurs. Il est grand temps de s’interroger sur les sources de cette ignorance de l’Autre et sur les moyens de la combattre.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, un Montréalais sur cinq est membre d’une minorité visible. Les musulmans représentent 3% de la population canadienne. Pourquoi la peur de l’Autre amène t-elle tous ces préjugés? Pourtant lorsqu’on le rencontre, cet Autre nous ressemble étrangement. Il partage les mêmes insécurités que nous, les mêmes émotions, désire les mêmes réussites pour sa famille. Nous devons cesser de faire des amalgames et de généraliser. La meilleure avenue pour contrer cette peur de l’Autre est d’aller vers lui, de le côtoyer, de lui parler.

Tendre la main vers l’Autre et démontrer de la solidarité, de la compassion, de l’ouverture et de l’entraide. Peu importe la différence, chaque être humain a sa place dans la communauté. Et il faut se rappeler qu’aller vers l’Autre c’est aussi embrasser une culture, c’est créer des partenariats, c’est s’enrichir de traditions, de mœurs, de mets différents des nôtres et c’est seulement dans le partage que cela peut se faire. Il est temps de laisser tomber les barrières créées par la peur de la différence, qui ne fait que briser cet esprit de communauté essentiel à un monde meilleur pour tous.

Je rêve d’une société plus inclusive où tout un chacun trouve une place bien à lui. Les vieillards, les homosexuels, les trans, les bi, les handicapés, les autistes, les itinérants, les gens de toutes races, etc., vivant dans l’harmonie et la paix. Maudit que ce serait bon et beau! Je rêve en couleurs me direz-vous! Laissez-moi rêver et commençons à nous ouvrir à l’Autre et à pratiquer la tolérance.  Finie la suspicion de son prochain! Garder l’espoir d’un peu d’empathie et de solidarité, dans une société de plus en plus rude, me fait du bien. Je m’accroche à des images toutes simples de bienveillance, d’altruisme et de bonté.  J’espère que l’humanité n’a pas été égarée au rayon des objets perdus.

Rappelons-nous qu’à la naissance nous ne choisissons pas la couleur de notre peau ni le pays où nous naissons. Pas plus, que notre condition socio-économique ni notre état physique.  Tous les gens que vous croisez ont leur propre histoire. Chacun possède son lot de pertes, de deuils, d’expériences. Chacun se bat pour une vie meilleure alors soyons indulgents les uns envers les autres.

Chantal Lanthier

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