Confonter ses peurs

Longtemps, j’ai eu peur de la mort. Bizarrement, j’en suis plus proche que jamais et je n’ai plus peur d’elle. Comment suis-je arrivée à surmonter ma peur? Tout simplement en l’affrontant. On peut éviter d’en parler et faire comme si de rien était mais cela ne la fait pas fuir, malheureusement. On a beau l’enterrer, négocier, elle ne te lâche pas facilement; souvent la peur te paralyse et t’empêche d’avancer librement. La seule façon de t’en débarrasser est de la regarder dans le blanc des yeux, de la tenir fermement et d’entreprendre un questionnement réel sur la place qu’elle occupe dans ta vie et sur son impact quotidien. Après tout, selon moi, la peur de mourir n’est rien à coté de celle de ne pas vivre pleinement sa vie.

Placée devant les défaillances de mon corps, j’ai dû et je dois continuellement affronter mes peurs. Impuissante, vulnérable, je n’ai aucun autre choix que de me parler afin de les faire taire afin de ne pas les laisser me submerger. La peur peut prendre différentes formes selon l’enfance et les expériences que nous avons vécues. La peur de l’échec, de ne pas être à la hauteur, du rejet, de l’abandon, de ne pas être suffisamment aimé, du risque, nous amène à adopter des comportements qui freinent l’essence même de ce que nous sommes et de nos envies profondes. Souvent ce que les autres vont penser de nous (besoin de reconnaissance), nous empêche d’agir. Et qu’elles soient irrationnelles, résultant d’une hyper émotivité ou d’un traumatisme, nos peurs peuvent nous couper de toute une partie de notre potentiel et nous empêcher de réaliser nos rêves.

Voici mes trucs pour affronter mes peurs :

• Je les identifie, je les accepte et j’en parle. Surtout ne pas les refouler car c’est pire.
• Je me demande souvent quelles sont les pires choses qui pourraient m’arriver et comment j’y répondrais. En explorant les scénarios «catastrophe», je me rends compte que les vrais risques sont bien moindres que ce que j’imaginais. Et en y répondant, je réalise qu’il y a toujours des solutions à mes scénarios les plus angoissants.
• Je dresse un plan d’action pour faire face à ce qui me fait peur. Par exemple, j’ai peur de m’étouffer en mangeant. Jocelyn et moi, en discutant de ma peur, nous avons réalisé que la méthode Heimlich – en cas d’étouffement – ne peut être effectuée pour les personnes en fauteuil roulant. Jocelyn est donc allé suivre une formation spécifique pour les personnes atteintes de la SLA. Nous avons également fait l’achat d’un dispositif servant à déloger des objets pris dans la gorge. Nous avons agi et nous sommes prêts. Nous avons visualisé l’action et la façon dont nous allons procéder. En visualisant les difficultés que nous pouvons rencontrer, nous sommes mieux armés pour faire face à mes peurs.
• « Toujours » et « jamais » sont souvent utilisés lorsque nous éprouvons la peur. Ils constituent des concepts absolus qui ne nous amènent ni à effectuer les meilleurs choix, ni à les maintenir. Je privilégie une approche au jour le jour pour apprivoiser mes craintes. La loi du petit pas a porté ses fruits.

Tu peux passer ta vie à tracer des lignes et à ériger des frontières mais c’est bien plus stimulant de traverser ces lignes et de vaincre tes peurs. La vue de l’autre côté est fantastique et enivrante quand tu réussis à franchir ces limites. Se déploient alors d’infinies possibilités. « Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu » disait Jean d’Ormesson. Souplesse et confiance sont des mots que j’inclus dans ma routine quotidienne. Je ne peux pas pas tout contrôler alors je fais avec!

On ne regarde pas la vie comme on regarde un match des Canadiens. Dans la vraie vie, le fait de gagner, de perdre ou d’être retiré se réalise continuellement et la partie continue, qu’on le veuille ou non. Alors allons-y, argumentons et changeons les règles, trichons un peu et tenons bon même si nous sommes blessés. Ne restons pas sur le banc, paralysés par nos peurs. L’important est de jouer; jouer rapidement et durement, détendus et affranchis. Jouer comme s’il n’y avait aucun lendemain parce que l’essentiel ne réside pas dans la victoire ou la défaite mais vraiment, dans «le comment » nous prenons une part active dans le match de notre vie.

Chantal Lanthier

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4 réponses sur « Confonter ses peurs »

  1. Ça me trouble de te lire ,je ne sais pas si je serais aussi forte que toi mais on peux pas le savoir tant qu’on est pas rendu ds une situation comme vous vivez Au début de la maladie de mon beau frère, ma soeur disait sans arrêt:Je ne serai jamais capable Et finalement l’amour fait en sorte qu’elle était impressionnante à voir Elle disait toujours et continue encore à ce jour, une journée à la fois Elle est devenue très forte C’est elle qui nous a aidés avec ses belles paroles tout comme toi qui sait si bien expliquer Chantal et Sylvie vous êtes des femmes inspirantes Je vous aime 💖💖💖💖

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