L’essentiel

C’est en écoutant Ginette Reno chanter l’Essentiel que je me suis dit que c’était, pour moi, l’une des chansons véhiculant les paroles les plus vraies qui soient. L’essentiel est d’être aimé, le reste importe peu….. S’il y a une chose que j’ai réalisée avec la maladie, c’est l’importance d’investir dans les liens du coeur. Je possède un réseau solide pouvant me soutenir dans les grandes tempêtes et ça fait toute une différence. Quand le vent décolle tes pieds du sol et que tu ne sais plus où sont tes repères, le secours d’une main tendue peut être salutaire et faire pencher la balance entre espoir et désespoir.

J’ai déjà lu que les gens qui investissent dans les expériences humaines et de vie sont davantage heureux que ceux qui investissent dans les biens matériels. J’y crois. Avec la maladie qui suit mes pas et la mort qui rôde, j’ai pris conscience que le seul vrai héritage à laisser en partant est le souvenir des moments chers que tu partages avec ton entourage. La manière dont tu peux les marquer positivement.

Je crois que nous nourrissons tous quatre dimensions au cours de notre vie. La première est notre corps que l’on aime souvent parer de beaux vêtements et bijoux. On a avantage à prendre soin de lui car il est le véhicule qui nous conduit, on l’espère, jusqu’à un âge avancé. La deuxième dimension sont nos possessions et biens matériels que nous chérissons et qui nous procurent une meilleure qualité de vie. Ces deux premières dimensions ne nous suivent pas après la mort. La troisième sont nos amis et notre famille. Nous leur faisons confiance et les aimons. Ils sont là pour nous soutenir dans les épreuves et tout comme les deux premières dimensions, ne nous suivent pas dans la mort mais nous accompagnent dans les derniers instants sur terre. La quatrième dimension est l’âme. Malheureusement, nous la négligeons souvent. C’est pourtant celle qui est la plus susceptible de nous suivre après la mort. Depuis que j’ai été diagnostiquée de la SLA, je passe davantage de temps avec moi-même, j’ai appris à méditer, je réfléchis à ma mission sur terre (spiritualité 101), j’essaie d’aller en profondeur plutôt que de ratisser large, je développe mon sens de la gratitude et je tente de laisser une empreinte positive auprès des miens. Namasté les amis.xxx

Indispensable, moi?

Avez-vous lu cet article paru dans Le Soleil du 04 mai dernier? Il raconte l’histoire de Sylvie, 51 ans, qui était constamment fatiguée mais qui ne voulait pas prendre du repos. Elle ne voulait pas s’absenter pour ses élèves. Sylvie a été emportée par un choc septique. À cause de la fatigue extrême, son système immunitaire était très affaibli. Il s’est écoulé 48 heures entre ses premiers symptômes et son décès. Triste nouvelle qui nous fait réfléchir au rythme trépidant auquel nos vies sont trop souvent confrontées. J’ai connu de nombreuses personnes qui, portées par l’ambition, la richesse, le succès, le désir de ne pas déplaire ou encore simplement la peur de créer une surcharge de travail aux confrères, passent à côté de l’essentiel. Elles roulent à cent soixante dans une zone de cent sur la grande autoroute de la vie. En roulant aussi vite, elles ne peuvent pas voir ce qui les entoure. Les petits détails qui viennent seulement en s’arrêtant et en respirant un grand coup. Vous savez, ceux qui font du bien en dedans quand on prend le temps de prendre le temps?

Vous savez que la maladie m’a forcée à ralentir. De lapin pressé je suis devenu une tortue contemplative. Évidemment cela m’a été pénible, surtout les premiers temps. Je capotais ma vie comme disent les jeunes! Moi, femme d’affaires ultra performante, je me retrouve en fauteuil roulant et confinée dans un corps de plus en plus immobile. J’ai dû me redéfinir afin de survivre à ce malheur et accepter que les choses ne se feraient plus à la vitesse grand V. Aujourd’hui, lorsque je rencontre mes amies qui sont encore sur le marché du travail, je trouve qu’elles parlent vite et fort, qu’elles ont le souffle court, que leurs mouvements sont rapides et que parfois elles m’étourdissent. Je leur dis souvent de respirer, de se calmer et je leur verse un verre de vin (plutôt mon Jocelyn car moi je ne peux plus le faire!). C’est fou mais il faut en sortir pour réaliser l’impact qu’a sur notre corps, le rythme fou du métro-boulot-enfants-ménage-obligations. Nous vivons dans une société performante et nous voulons tous agir en super héros. Bien souvent, nous perdons notre vie à vouloir la gagner! Je vous invite à définir quelle proportion le stress prend dans votre vie ainsi que des moyens que vous vous imposez pour y échapper. Mark Twain, célèbre écrivain, a dit : Chaque fois que vous vous trouvez du côté de la majorité, il est temps de vous arrêter et de réfléchir. Quand la vie vous pousse et que vous avez l’impression de perdre pied, n’attendez surtout pas, comme moi, que votre corps vous dise que vous avez besoin d’une pause. Vous n’êtes pas indispensable croyez-moi!