Indispensable, moi?

Avez-vous lu cet article paru dans Le Soleil du 04 mai dernier? Il raconte l’histoire de Sylvie, 51 ans, qui était constamment fatiguée mais qui ne voulait pas prendre du repos. Elle ne voulait pas s’absenter pour ses élèves. Sylvie a été emportée par un choc septique. À cause de la fatigue extrême, son système immunitaire était très affaibli. Il s’est écoulé 48 heures entre ses premiers symptômes et son décès. Triste nouvelle qui nous fait réfléchir au rythme trépidant auquel nos vies sont trop souvent confrontées. J’ai connu de nombreuses personnes qui, portées par l’ambition, la richesse, le succès, le désir de ne pas déplaire ou encore simplement la peur de créer une surcharge de travail aux confrères, passent à côté de l’essentiel. Elles roulent à cent soixante dans une zone de cent sur la grande autoroute de la vie. En roulant aussi vite, elles ne peuvent pas voir ce qui les entoure. Les petits détails qui viennent seulement en s’arrêtant et en respirant un grand coup. Vous savez, ceux qui font du bien en dedans quand on prend le temps de prendre le temps?

Vous savez que la maladie m’a forcée à ralentir. De lapin pressé je suis devenu une tortue contemplative. Évidemment cela m’a été pénible, surtout les premiers temps. Je capotais ma vie comme disent les jeunes! Moi, femme d’affaires ultra performante, je me retrouve en fauteuil roulant et confinée dans un corps de plus en plus immobile. J’ai dû me redéfinir afin de survivre à ce malheur et accepter que les choses ne se feraient plus à la vitesse grand V. Aujourd’hui, lorsque je rencontre mes amies qui sont encore sur le marché du travail, je trouve qu’elles parlent vite et fort, qu’elles ont le souffle court, que leurs mouvements sont rapides et que parfois elles m’étourdissent. Je leur dis souvent de respirer, de se calmer et je leur verse un verre de vin (plutôt mon Jocelyn car moi je ne peux plus le faire!). C’est fou mais il faut en sortir pour réaliser l’impact qu’a sur notre corps, le rythme fou du métro-boulot-enfants-ménage-obligations. Nous vivons dans une société performante et nous voulons tous agir en super héros. Bien souvent, nous perdons notre vie à vouloir la gagner! Je vous invite à définir quelle proportion le stress prend dans votre vie ainsi que des moyens que vous vous imposez pour y échapper. Mark Twain, célèbre écrivain, a dit : Chaque fois que vous vous trouvez du côté de la majorité, il est temps de vous arrêter et de réfléchir. Quand la vie vous pousse et que vous avez l’impression de perdre pied, n’attendez surtout pas, comme moi, que votre corps vous dise que vous avez besoin d’une pause. Vous n’êtes pas indispensable croyez-moi!

 

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