L’histoire de Guy et Jocelyne

Aujourd’hui, je vous transmets un texte sur l’aide médicale à mourir (AMM). Il s’agit du 3ième dossier spécial composé de 5 histoires portant sur le sujet.

L’histoire de Guy et Jocelyne

Guy était contremaître chez Mittal, une compagnie d’acier bien implantée au Québec.  Il y a œuvré pendant 38 ans. Sa passion pour la pêche et les grands espaces était connue de tous.  

Pendant plus de 2 ans, Guy se doutait bien que quelque chose clochait avec ses jambes; il les trouvait lourdes et il avait de la difficulté à monter les escaliers. Petit à petit, il était plus ardu d’embarquer dans son camion. Il a dû se résigner à vendre la maison et à aller vivre dans un condo avec ascenseur.  Il a également dû vendre son camion.

Le diagnostic de la SLA est finalement tombé. Guy avait 69 ans. En plus de la  SLA, il souffrait d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (IMPOC) qu’il traînait depuis longtemps. Durant la dernière année, ses poumons se sont détériorer et il fallait le brancher sur la machine Bi-Pap environ 22 heures par jour. Il était clairement en détresse respiratoire. Pneumonie par dessus pneumonie, il était épuisé. Suite à un rendez-vous avec la pneumologue de l’hôpital, il a mentionné qu’il  ne voulait plus continuer à vivre dans de telles conditions et  souhaitait demander l’aide médicale à mourir. La médecin lui a dit qu’elle comprenait sa décision car son état allait continuer de se détériorer. Il ne se voyait pas mourir en CHSLD et surtout disait qu’il ne voulait pas mourir étouffé. Il y pensait depuis un bout de temps. Jocelyne était avec lui dans le bureau du médecin. Elle n’a pas été surprise car il en parlait souvent. Elle comprenait sa douleur et sa décision mais c’était difficile pour elle.

Guy est finalement décédé à l’âge de 72 ans. Jocelyne et lui étaient mariés depuis 53 ans et ils étaient en amour comme au premier jour. Sa mort a été telle qu’il l’avait souhaitée; entouré de sa femme, ses 2 enfants et 5 petits-enfants. Il était serein.

Guy est décédé en pleine pandémie en 2020, Jocelyne s’est donc retrouvée seule dès le lendemain. Elle allait être confinée durant les 2 mois suivants car les personnes âgées ne pouvaient plus sortir suite aux instructions gouvernementales. Ses enfants venaient lui rendre visite seulement par la porte patio. Ce fut extrêmement difficile pour elle. Pas de câlins, pas de poignées de main non plus pour la consoler, personne avec qui partager sa douleur et la perte de son amour.

Avec le recul, Jocelyne dira : « J’ai vécu de la culpabilité, me disant que j’aurais dû lui dire d’attendre encore et pourtant je comprenais sa décision. Il est parti en paix. Il avait beaucoup lu sur la mort. Il ne souffre plus et restera dans mon cœur pour la vie. C’était un être exceptionnel, il me manque beaucoup. Je sais qu’il était rendu au bout de sa route».

 

Chantal Lanthier

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6 réponses sur « L’histoire de Guy et Jocelyne »

  1. Ouf! Cette pandémie a causé bien des tourments depuis son apparition. Déjà pas facile à gérer pour le commun des mortels, j’ose à peine imaginer pour les gens qui vivent la maladie, les deuils, les séparations… Merci pour tes partages Chantal xx

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  2. Tellement dur cette maladie ! Pire qu’un cancer ouf ! Que ces personnes sont courageuses !une chance que maintenant l aide à mourir existe même si ce n est vraiment pas une décision facile … rien de facile dans cette maladie !

    Aimé par 1 personne

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