
À ma souvenance, depuis que je suis devenue mère, j’ai toujours aimé jardiner. Un peu comme si les fleurs devenaient une extension de mon rôle de maman, je me suis mise à les dorloter et à en prendre soin.

Elles sont si jolies et elles sentent si bon. C’était plaisant. Ça me rendait heureuse. Je me sentais bien, juste à mettre mes mains dans la terre et la sentir.
Jardiner m’aidait à garder la forme. Entre tous ces parfums et ces couleurs, je me sentais apaisée. Mon jardin était le lieu où je réussissais à me poser. Je levais la tête et je regardais le vent passer dans les arbres, j’écoutais son murmure. Dans ces précieux instants suspendus, j’avais l’impression que mon jardin m’enseignait ses sagesses. Il m’apprenait par exemple, l’art d’aimer ses ennemis, en découvrant une « mauvaise » herbe ou le simple fait d’accepter la fragilité de la vie. Cette attitude de contemplation me procurait du réconfort. Ça m’apportait un sentiment de calme, un sentiment de bien-être quand j’allais relaxer dans le jardin.
Je passais de grands moments au contact de la nature, observant son rythme. Jardiner nécessite de savoir se repérer dans le temps et dans l’espace, de savoir mémoriser le nom des plantes (même si je n’étais pas très bonne) et de s’armer de patience : ces critères stimulent très bien le cerveau. Un autre des aspects du jardinage est que cela ne nécessitait pas toute ma concentration.
Le jardinage contribuerait également au bien-être mental. Les études ont démontré que cette activité pouvait réduire l’anxiété et la dépression. Les effets positifs peuvent être attribués à l’effet apaisant de l’activité physique ainsi qu’au sentiment de satisfaction et de sens que procure le jardinage. Les jardiniers peuvent se réjouir devant le résultat concret de leur travail, de leurs efforts.
Aujourd’hui, je n’ai plus la possibilité d’entretenir un jardin. Mes mains ne sont plus agiles pour fouiller dans la terre mais je vais quand même à la pépinière régulièrement. J’aime beaucoup y aller. Je me sens comme un enfant dans un magasin de bonbons. Je voudrais tout acheter mais je me contente de choisir uniquement des fleurs pour mes deux bacs à fleurs du balcon. Mon amie Maryse m’envoie de petites vidéos de son jardin et ça me rend très heureuse.

Le jardinage m’a appris que semer, planter, s’occuper d’un jardin suit le même procédé que celui de nos vies. Au printemps, nous devons partir de zéro. Ensuite, il faut labourer la terre et s’assurer que les nutriments adéquats soient correctement mélangés. Il faut également entretenir son jardin et le désherber. Il faut aussi le protéger des insectes et lui donner du temps. Tout comme dans la vie, il faut enrichir notre terre si on veut de jolies fleurs. L’automne venu, la vie s’éteint doucement. Cette semaine, Lyette a vidé les fleurs jaunies des bacs et Jocelyn a rangé le balcon pour l’hiver. Les jardins sont remplis de la sagesse magique qui permet cette transformation. Mère Nature est une énergie créative qui attend de naître. Cultivez votre jardin intérieur pour qu’il soit débordant de semences. Je pense que la nature se trouve partout où il y a de la vie qui prospère et grandit.

J’ai déjà lu un article qui citait que dans les forêts, si les arbres s’aperçoivent, par leurs racines, qu’un autre arbre est malade, ils envoient une partie de leurs nutriments à l’arbre malade pour l’aider à guérir. Ils ne pensent jamais à leur propre avenir, ils donnent simplement. Quand un arbre meurt, il libère tous ses nutriments pour les autres arbres qui en ont besoin. Sous la surface, nous sommes tous connectés par nos racines et partageons nos nutriments. C’est seulement en se rassemblant que nous pouvons véritablement grandir. C’est la même chose pour les êtres humains, nous devons être unis les uns aux autres pour que cela fonctionne. Nous avons tous nos jardins de difficultés mais ensemble nous sommes plus forts.
La plante a évidemment traversé beaucoup d’épreuves, mais elle continue de grandir (tout comme moi). Nous sommes sur la même voie que la plante. Notre vie s’arrêtera un jour. C’est ainsi que cela doit être; le cycle de vie.


Chantal Lanthier
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